Michel GUERMONPREZ

(n. Armentières, Nord, 11 juil. 1923 – Battrans, Haute-Saône, 28 av. 2017)
Fils d'un pharmacien spécialisé dans la préparation et la vente de médicaments homéopathiques, il étudie la médecine dans le dessein de devenir
médecin homéopathe. L'occupation perturbe le cours de ses études ; cependant il devient interne des hôpitaux de Limoges.
Les combats de la Libération du pays qui lui valent une blessure il sera décoré de la Croix de guerre.
Diplômé de la faculté de médecine de Lille (1948), il exerce à Douai (1948-1951) puis à Lille (1951-1975) et à Gruson (1981-1994). Disciple non seulement de Léon Vannier mais également de Émile Iliovici, de Marcel Denis et de Roland Zissu au Centre homéopathique de France, il suit aussi à Genève les enseignements de Pierre Schmidt.
C'est sur l'initiative de Léon Vannier, l’un des hommes pivot de l’homéopathie française, qu'il devient enseignant, puis directeur de l'enseignement, puis président durant deux ans du Centre homéopathique de France.
À partir de 1977 il introduit et dirige l'enseignement de l'homéopathie à la faculté de médecine et de pharmacie de Lille ; il organise ainsi l'un des premiers diplômes universitaires d'homéopathie.
Il fonde et préside le Centre d'études homéopathiques du Nord de la France de même que, en 1989, la Société de perfectionnement en homéopathie. Chargé d'enseignement à l'Université de Paris-Nord et créateur d'un enseignement à Turin (1984-1988), il est choisi comme membre de la commission paritaire “homéopathie ” (1988-1989) auprès de la direction générale de la Santé. Il collabore à de nombreuses revues et publie, sur une période d'une cinquantaine d'années, près de quatre cents articles, monographies, cours et conférences dont deux pathogénésies originales : celles de Penicillinum (1965) et de Naloxone (1979).
On lui doit aussi des textes fondamentaux dans les volumes d'homéopathie de l'Encyclopédie médico-chirurgicale (1967) et de l'Encyclopédie des médecines naturelles (1995). En collaboration avec deux professeurs à la faculté de pharmacie de Lille, Madeleine Pinkas et Monique Torck, il fait paraître une Matière médicale homéopathique (Doin, 1985 ; Boiron, 2/1997) et publie Homéopathie, principes, clinique et techniques (CEDH, 2006) ; Les tempéraments : typologie et types sensibles (Boiron, 2008) et, en forme de clin d’oeil, Les quatre bonheurs, précis philosophique du bien-vivre (Éd Ellébore, 2012).
Il multiplie les interventions et passionne ses auditeurs par son humour -qu’il utilisa dans l’écriture d’un ouvrage, peu connu, Homo Potens (Paris, éd. du Scorpion, 1961) - et son érudition afin que les médecins n’hésitent pas à prescrire un traitement homéopathique, y compris chez des malades atteints d’affections graves. Il est l’une des grandes figures historiques de l’homéopathie française, clinique et humaniste, « un homéopathe remarquable », comme l’a écrit Jacqueline Peker, présidente d’honneur de la Société française d’homéopathie.
Sarembaud A. « Hommage à Michel Guermonprez ». La Revue d’homéopathie, 2017 ; 8 :147-152 ; Doi : 10.1016/j.revhom.2017.07.001.
Scimeca D, Deswarte D. « Michel Guermonprez ». Cahiers de Biotherapie 2017, 257 : 66-7.