Autres Grands Nomd de l'Homéopathie

 

ATMADJIAN, Anaïs (n. Colombes, Hauts-de-Seine, 18 sept. 1947)

Née de parents arméniens, toute sa famille est soignée par un médecin qui exerce l’homéopathie et celui-ci lui transmet cette vocation. Elle mobilise son énergie au service de trois passions qui motivent son existence. La première est le chemin d’un cursus médical : doctorat de médecine (1975), diplôme universitaire de biochimie du système nerveux (1985), certificat d’études spécialisées de psychiatrie (1985), qualification en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (1996) et enfin qualification en pédiatrie (1999). La deuxième correspond à un engouement autant pour le sport équestre et son incidence thérapeutique (enseignement de traumatologie équestre et d’équitation thérapeutique à l’Université de médecine de Paris-Nord). La troisième reflète sa volonté de pratiquer depuis toute jeune l’homéopathie. C’est pourquoi, de 1972 à 1977, elle assiste, entre ses stages parisiens d’externat, aux enseignements de P. Schmidt* à Genève et, de 1975 à 1979, à ceux d’Albert Pladijs en Belgique. Elle devient enseignante à l’INHF et fonde en 1985, avec la collaboration de médecins homéopathes tels A. Coulamy*, G. Demangeat*, Philippe Geoffroy-Saint-Hilaire, Pierre Hourst, Sylvaine Koch, Anne-Marie Long, D. Varenne-Gouin* et de sages-femmes, Anne-Marie Gavillot et Jocelyne Goutaine, l’Institut national Homœopathie et Maternité. De 1987 à 1995 elle préside pour la France la Ligue médicale homœopathique internationale dont elle est devenue présidente d’honneur. Elle donne de nombreuses conférences internationales dont les thèmes concernent l’application de cette thérapeutique à l’obstétrique. Elle fonde et anime, depuis 1985, une école pour la formation homéopathique à l’obstétrique des professionnels de santé dont les sages-femmes. S’agissant de ses écrits, outre les comptes rendus publiés des communications de la LMHI et la participation au comité de rédaction de la revue professionnelle des sages-femmes, Les Dossiers de l’obstétrique, elle a publié Traité d’homœopathie appliquée à la maternité (Maisonneuve, 1992). Elle participe à l’enseignement au sein du centre universitaire Louis Mourier de la ville de Colombes aux jeunes médecins et dirige l’enseignement de thérapeutiques alternatives appliquées en périnatalité, dans le module dirigé par le professeur Mandelbrot. A. S.

AUBIN, Michel (Angoulême, 9 juil. 1927 - Girac, Lot, 16 déc. 1985)

Après l’obtention de son diplôme de docteur en médecine (1952) il exerce d’emblée comme médecin de campagne dans un village de Charente. De cette expérience et des conversations avec un médecin homéopathe d’Angoulême, Thomazi, il prend conscience du rôle bénéfique de la thérapeutique homéopathique. Avec P. Picard*, en 1980, il décrit ce parcours dans Le Médecin, le Malade et l’Homéopathie (Fayard, 1980) traduit en cinq langues et plusieurs fois édité. Il s’inscrit au CHF et fréquente la SMHA dans laquelle il rencontre P. Joly*. Sous l’impulsion de Robert Perrey, directeur des Laboratoires homéopathiques de France (LHF), et des frères Boiron* des Laboratoires Boiron, il crée en 1972, avec D. Demarque*, le CEDH. Il est le rédacteur du document Introduction à l’Homéopathie (CEDH, 1972) et de différents fascicules. Ses nombreuses activités d’enseignant au sein de celui-ci et à la faculté de médecine de Bordeaux l’incitent, avec P. Picard*, à créer le Centre international Samuel Hahnemann. Depuis 1975 il se passionne pour la recherche fondamentale et devient secrétaire général de l’Association française pour la recherche en homéopathie. Sous l’autorité du professeur Quilichini, directeur du laboratoire de pharmacologie galénique, et de D. Demarque* il travaille avec Jacques Bildet, maître de recherches, sur le traitement homéopathique par Phosphorus des hépatites expérimentales au tétrachlorure de carbone. Il joue un rôle déterminant autant dans la recherche fondamentale que pour l’insertion universitaire de l’homéopathie, notamment à l’université de Bordeaux. Sur le plan institutionnel il participe aux actions syndicales et soumet diverses propositions à l’Agence du médicament pour la recherche clinique en homéopathie. Sur le plan international il travaille de concert avec J. Boiron* au Comité de recherche de la Ligue médicale homéopathique internationale. Conseiller, depuis 1972, pour la recherche puis directeur médical des Laboratoires homéopathiques de France, il coordonne dès 1980 les recherches effectuées par ce laboratoire et s’engage pour la recherche clinique et pharmacologique. Il initie plusieurs essais cliniques sur des spécialités et des médicaments génériques. Avec B. Poitevin* il est à l’origine de la signature d’un contrat de recherche entre les Laboratoires homéopathiques de France et l’unité 200 de l’INSERM. À partir de travaux effectués sur l’aconitine, il développe plusieurs théories sur la pharmacologie homéopathique. En 1984 il coordonne pour L’Homéopathie française, dont il est membre du comité de rédaction, un numéro spécial sur la recherche expérimentale. Ses derniers articles portent, en 1985, sur les recherches cliniques et fondamentales et sur la conception médicale en homéopathie. Rédigés alors qu’il se sait atteint d’une maladie grave, les derniers écrits témoignent à nouveau des buts qu’il s’est fixés pour l’homéopathie : l’intégrer dans les institutions médicales et scientifiques via l’enseignement et la recherche tout en respectant les aspects originaux de l’homéopathie liés à la pratique médicale et à l’approche du malade.

(Homéop. franç., 1982, 7, p. 483 ; Homéop., 1986, 1, p. 52-54, phot. ; Homéop. franç., 1986, 1, p. 55 ; Bull. SNMHF, 1986, 1, p. 4-5, phot.) A. S.

BACHELERIE, Robert (Arlanc, Puy-de-Dôme, 15 déc. 1937 - Siougues-Sainte-Marie, Haute-Loire, 6 sept. 1997)

Docteur en médecine (1966) de la faculté de médecine de Clermont-Ferrand, il fonde, avec Louis Barbes, Jean Chabard et J.-C. François*, l'École d'homéopathie de Clermont-Ferrand et préside, jusqu'en 1997, l'Association hahnemannienne du Centre. Il a participé activement, avec René Casez, G. Demangeat*, J.-C. François*, A. Horvilleur* et Paul Thibault aux réunions du « Groupe H », groupe amical qui, au départ, comprend également J. Baur*, Yves Charles et Jean-Hubert Tournebise. C'est à partir de ce moment qu'il s'affirme comme médecin homéopathe uniciste. Outre son rôle de coordinateur des cours à la faculté de pharmacie de Clermont-Ferrand, il s'avère aussi un chercheur, spécialement dans le domaine de l'informatique, par la création (1983) à partir du répertoire de Bœnninghausen, d'un logiciel de répertorisation. Il accompagne celui-ci d'un polycopié Introduction à l’homéopathie pure et édite son logiciel Homéosoft qu'il adjoint au livre Manuel de thérapeutique homéopathique du baron Von Bönninghausen* (Similia, 1990). Il crée également l'Office de documentation homéopathique et le Club informatique et homéopathie. Remarqué par ses interventions pendant les congrès de la FNSMHF, il disparaît lors d'un transport en avion de tourisme, près de Paulhaguet. A. S.

BAGOT Jean-Lionel (n. Casablanca, 19 nov. 1957)

Thèsé à la faculté de médecine de Strasbourg en 1986, il devient attaché des Hôpitaux universitaires de Strasbourg et maître de stage des universités. En plus des soins apportés aux patients, il se passionne pour la pédagogie, la cancérologie et les thérapeutiques complémentaires. C’est dans cette optique qu'il deviendra médecin coordinateur du département de médecine intégrative du Groupe Hospitalier Saint Vincent.

S’agissant des diplômes universitaires qu’il additionne, soit à Strasbourg soit ailleurs, il obtient celui de biologie et médecine du sport (1985), d’acupuncture (1996), de médecine prédictive (Clermont Ferrand, 1999) d’approfondissement en médecine générale (2000), de cancérologie en médecine omnipraticienne (Nancy, 2004), de carcinologie clinique (Paris XI, 2005) et de pédagogie médicale (2010).

S’agissant de l’homéopathie, il est élu Président de la Société homéopathique de l’Est en 2012, affiliée à la FNSMHF. Par son engagement, il se fait connaître au-delà et devient l’un des administrateurs du Syndicat national des Médecins homéopathes français (SNMHF) et de la Société savante d’homéopathie. Mais surtout, il crée en 2016 la Société homéopathique Internationale de Soins de Support en Oncologie (SHISSO) qu’il préside et organise depuis les congrès de ce nouveau groupement à Strasbourg. Il acquiert cette crédibilité par son implication dans les responsabilités des sociétés savantes de cancérologie (Réseau d’oncologie d’Alsace, Réseau d’Oncologie libérale d’Alsace, Société française du Cancer, Association des cancérologues Privés d’Alsace, Société française de sénologie et des maladies du sein) et par son activité d’enseignant (coresponsable du diplôme universitaire d’homéopathie de l’université de Strasbourg, chargé de cours à la faculté de pharmacie et de médecine de Strasbourg).

Toute cette expertise, il la délivre à travers de très nombreuses conférences en France et à l’étranger sur l’utilisation de l’homéopathie en soins de support et bien entendu par des ouvrages dont celui à succès Cancer et Homéopathie, rester en forme et mieux supporter les traitements. (Narayana, 2012), traduit en allemand, italien, anglais et à des publications dans des ouvrages collectifs Homéopathie connaissances et perspectives (Masson 2012) et Comprendre l'homéopathie en France (Anfortas, 2014). Enfin il est l’auteur d’articles médicaux dans de nombreuses revues dont celles de La Revue d’homéopathie à laquelle il participe comme rédacteur.

Pour lui, «  l’essentiel reste pour lui le patient et le soulagement que la prise en charge homéopathique est capable de lui apporter. Il dédie son travail à son épouse, le Dr Odile Bagot alias Mam Gynéco. »

BARBANCEY, Jacqueline (Le Caire, Égypte, 14 mars 1920 - Le Pizou, Dordogne, 21 déc. 1995)

Elle commence ses études de médecine à la faculté de Marseille pour rejoindre, en 1943, celle de Bordeaux. Au cours d’un stage dans les hôpitaux psychiatriques de la Dordogne, elle rencontre son futur époux, Pierre Barbancey. Celui-ci lui apporte, d’un congrès du Centre homéopathique de France, les trois tomes de la Matière médicale de J.-A. Lathoud* ; elle y découvre “ la personnalité des malades dont [elle a] la charge en psychiatrie ”. En 1949, elle s’installe à Bordeaux, apprend la psychothérapie. Elle fonde avec H. Bernard* - celui qui l’a motivée pour l’homéopathie - D. Demarque*, Francis Montalieu et Claude Mourlan, le Cercle des médecins homéopathes du Sud-Ouest qui devient, en 1951, la Société de médecine homéopathique d’Aquitaine. Elle est élue présidente de 1982 à 1985. Son activité thérapeutique se déroule à Bordeaux jusqu'en 1979, puis au Pizou jusqu’en 1986. Elle crée, en 1974, le Groupe homéopathique d’études psychopathologiques et la revue Les Cahiers du GHEPP. Elle publie de nombreux articles sur les relations entre la psychiatrie et l’homéopathie dans Le Bulletin du Cercle des médecins homéopathes du Sud-Ouest, les Annales homéopathiques françaises, Les Cahiers de biothérapie, L’Homéopathie française, Les Cahiers du GHEPP, L’Homéopathie européenne, etc. Elle publie, aux éditions Similia, Pratique homéopathique en psychopathologie (t. I, 1977, 2/1993 ; t. 2, 1988, 3/1996) et, avec B. Charton*, Personnes et Personnages, profils homéopathiques (1994). Elle est l’auteur d’une réelle synthèse entre les vocabulaires et les conceptions des troubles psychiques des psychiatres et des homéopathes. Elle associait une générosité foncière au sens de la pédagogie de l’amour de l’autre. Après une année terrible, souffrant d’une aphasie consécutive à une hémorragie cérébrale, elle s’éteint et laisse en héritage une lignée d’excellents psychiatres pour continuer cette recherche originale.

(F. Cousset, “ Jacqueline Barbancey : une vie pour l’amour de l’Autre… et de l’homéopathie ”, Homéop. europ., 1996, 3, p. 6-7 ; Homéop. europ., 1997, 6, p. 34 ; Cah. Biothér., 1996, 138, p. 3-4, phot. ; Cah. biothér., 1997, 96, p. 9-12, phot.) A. S.

BARBIER, Pierre (Vernon, Eure, 9 juil. 1916 - Montmorency, 15 oct. 2002)

Issu d’une lignée de médecins avec deux grands-pères, un oncle maternel et surtout son père, président en 1928 de la Société d’homéothérapie et compagnon de L. Vannier*, il perpétue cette tradition à la faculté de médecine de Tours. Il soutient une thèse de doctorat sur Croïllus, moine médecin, philosophe et homéopathe à la faculté de Paris. Mobilisé en 1939, il s’installe en 1942 à Paris. Enseignant au Centre homéopathique de France, avec d’autres médecins homéopathes il prodigue bénévolement conseils et ordonnances au dispensaire Hahnemann, établissement dont il est le directeur jusqu’en 1991. Dans les années cinquante il reprend la clientèle de l’homéopathe L. Borliachon* qu’il développe avec plus de vingt mille observations dont un certain nombre de célébrités artistiques (son épouse Monique Mercier est pianiste). Il publie son expérience, riche d’une connaissance des médicaments homéopathiques peu usités, avec humour dans Homéopathie : petits remèdes retrouvés (Maloine, 1994 ; M. Pietteur, 2003).

(P. Champion, M. Deltombe, B. Poitevin, “ En souvenir ”, Homéop. europ., 2002, 6, p. 28, phot.; J. Gréco, “ Hommage”, J. homéop., 2002, 89, p. 3, phot. ; J.-Ph. Dupré, “ In memoriam ”, Cah. biothér., 2003, 179, p. 49.) A. S.

BASTIDE, Madeleine (n. Bourg-en-Bresse, 19 mars 1935- Montpellier, 10 juin 2007) 5

Diplômée de la faculté de pharmacie de Montpellier dans laquelle elle collectionne les prix (1957, 1966, 1994) et les certificats d’études spéciales et supérieures (sérologie, bactériologie, microbiologie, chimie biologique), ce qui aboutit à un doctorat d’État de pharmacie en 1965, à une admissibilité au concours d’agrégation, option microbiologie en 1969 et à une équivalence de la maîtrise en biologie humaine de microbiologie en 1970. Elle est reçue, en 1975, à Paris au concours de l’agrégation, option immunologie. Ses fonctions universitaires la mènent à des responsabilités de chef de travaux (microbiologie, 1962 ; bactériologie, 1968 ; immunologie, 1974). Elle obtient le grade de professeur de première classe, son admission dans de nombreuses sociétés savantes internationales et sa nomination à des fonctions d’expert auprès de la Commission nationale de la pharmacopée, de la Commission européenne (recherche médicale homéopathique) et de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Elle publie environ une centaine d’articles dans des revues internationales - un tiers consacré à l’homéopathie - et a donné, sur ce sujet, près d’une centaine de conférences. Elle fait paraître L’Évolution de la recherche en homéopathie, première partie de l’ouvrage, coordonné par Pierre Dorfman, Des diathèses à l’immunomodulation : 200 ans d’homéopathie, l’évolution de la recherche en homéopathie (Similia, 1990) et participé aux abrégés Homéopathie. Pour répondre aux interrogations posées par les concepts homéopathiques, elle crée le Groupe international de recherche sur l’infinitésimal qui se réunit tous les ans lors des Entretiens internationaux de Monaco. Elle recherche les explications des mécanismes d’action de l’homéopathie non seulement par les études immunologiques mais, avec l’aide d’A. Lagache*, via une proposition conceptuelle : « le paradigme des signifiants corporels ». Ce dernier se situe entre deux autres paradigmes : le mécaniste lié aux sciences techniques et le symbolique correspondant au langage.

Pour les professionnels de l’homéopathie et les scientifiques universitaires, elle avait réussi à créer une passerelle. Son mari, le professeur Jean-Marie Bastide a fait paraître ses travaux compilés  sous la forme d’un ouvrage, L’œuvre scientifique de Madeleine Bastide, professeur des universités, homéopathie, nocivité des téléphones portables (entretiens internationaux de Monaco, 2015) qui constitue une référence dans la recherche.

(Halm R.-Ph. Hommage aux professeurs Madeleine Bastide et Agnès Lagache. La Revue d’homéopathie, 2010, vol1, 4 : 154-55 ; Poitevin B. L’œuvre scientifique de Madeleine Bastide. La Rev. Homéop. 2015 ; 6 :37).) A. S.

BAUDRY, René-Édouard (Angers, 16 févr. 1881 - Nice, 2 févr. 1966)

Étudiant en pharmacie à Angers, il y rencontre Charles Mondain, P. Chiron* et L. Vannier*. Docteur en pharmacie, il est choisi par celui-ci en vue de s’installer comme pharmacien homéopathe à Paris, 68 boulevard Malesherbes (1912). Après l’armistice (il est décoré de la croix de guerre), il décide de mettre fin à sa collaboration avec L. Vannier* et quitte Paris pour Annonay en 1924. Ami de d’Espiney, il est très apprécié des médecins homéopathes lyonnais : il devient administrateur du Propagateur de l’Homœopathie en 1926 et secrétaire, pendant plus de vingt ans, de la SRhH. Son esprit d’entreprise et son engagement pour l’homéopathie l’incitent à créer à Lyon, en 1929, le Laboratoire général d’homœopathie et, sur la demande d’une trentaine de médecins parisiens dissidents du Centre homéopathique de France, à en constituer un second à Paris. Pour gérer ces deux activités il cherche des pharmaciens et fait la connaissance de J. et H. Boiron*. Le premier prend la direction de celui de Lyon qui est dénommé Pharmacie homœopathique rhodanienne (PHR) ; il s’associe au second pour fonder, à Paris, les Laboratoires homéopathiques modernes (LHM). Par ailleurs il rédige des articles dans Le Propagateur, Les Actes de la Société rhodanienne et L’Homéopathie moderne. Il tisse des liens solides avec les autres sociétés, notamment la SFH et la SMHA ce qui aboutit, en 1934, aux “ premières journées homéopathiques de printemps ”, sous la triple direction de ces deux sociétés et de la Ligue médicale homéopathique internationale. Sa communication, lors d’un Congrès international homœopathique de Barcelone, intitulée “ De l’infinitésimal ite des médicaments homœopathiques ” (1924) est le prélude de cet engagement important dans les communications et les rencontres homéopathiques. Il joue un rôle primordial dans la genèse de l’homéopathie moderne et a rédigé nombre de biographies de ses contemporains. Il publie Vade-mecum de l’Homéopathie à l’usage des gens soucieux de leur santé (Laboratoire central homéopathique de France, s. d.) et L’Homéopathie, médecine de toujours, son développement à travers le temps (1954).   

(Acte décès ; Ann. homéop. franç., 1966, 6, p. 499-500, phot. ; J. Baur, “ L’œuvre de René Baudry ”, Avatars et Aventures du remède homœopathique, tiré à part du Cah. group. hahn., 1983, p. 71-78. ; Mure C. Les grands homéopathes francophones René Baudry. Cah. Bioth. 2013, 237 : 60-3 ; Mure C. Les grands homéopathes francophones René Baudry. Cah. Bioth. 2013, 238 : 65-68) A. S.

BAUR, Jacques (Sarrebrück, Territoire de la Sarre, 5 mars 1920 - Passy, Haute-Savoie, 23 juillet 2003)

Ancien élève du Prytanée militaire de La Flèche, de l’École du Service de santé des armées et diplômé de la faculté de médecine de Lyon (1945). Élève, en 1946, de P. Schmidt*, il devient l’un des pivots du Groupement hahnemannien de Lyon. Il assume, depuis leur création (1963), la responsabilité rédactionnelle des Cahiers du Groupement hahnemannien du docteur Pierre Schmidt dont des numéros spéciaux devenus des ouvrages à part entière : Petite histoire de l’organon et de ses métamorphoses (1975) ; La Symptomatologie homœopathique dans le répertoire de Kent (1980) ; Homéopathie. Quelques pages d’histoire (1981) ; Avatars et Aventures du remède homéopathique (1983) ; Les Manuscrits du docteur Comte Sébastien Des Guidi ; Contribution à l’histoire du développement de l’homéopathie en France (1985, 1986 ; Similia, 2/1999) ; Hommage au docteur Pierre Schmidt pour son 90e anniversaire (1984) ; La Matière médicale homœopathique (1987). Avec K. H. Gyspser, G. Von Keller et P. W. Thomas, il publie Bibliotheca homeopathica (Aude sapere publishers, 1984), une bibliographie internationale des revues homéopathiques. Il rédige Philosophie de l’homéopathie, les Aphorismes et Préceptes du Dr Kent (Éd. Ternet-Martin, 1955) ; Un livre sans frontières, histoire et métamorphose de l’Organon (Boiron, 2/1991) ; L’enseignement du Dr Pierre Schmidt (Similia, 1991) ; Homéopathie, médecine de l’individu (Similia, 1999). Outre ses capacités d’organisation et de chercheur en histoire, il s’avère un médecin dévoué, dans la tradition des missionnaires de l’homéopathie. Pour lui, un an avant sa disparition le but est de “ restaurer l’homœopathie dans sa définition originale, seule capable d’orienter le praticien vers un apprentissage et une pratique conforme au paradigme énoncé par son fondateur ”.

(Cah. group. hahn., 1991, 7, p. 2 ; J. homéop., 2003, 95, p. 3. ; Mure C. Les homéopathes francophones P Schmidt et J Baur. Cah. Bioth. 2010, 223 : 51-53 ; Mure C. Les homéopathes francophones P Schmidt et J Baur. Cah. Bioth. 2010, 224 : 51-53) A. S.

BERNARD, Henri-Germain (Saintes, Charente-Maritime, 9 août 1895 - Beautiran, Gironde, 19 juin 1980)

Élève de l’École de santé navale de Bordeaux, infirmier durant la guerre de 1914, blessé et décoré de la croix de guerre, il devient médecin de marine. En 1935, il suit les enseignements de J. Seval* au Centre d’enseignement de Guyenne et de Gascogne. À son retour à Angoulême, il fonde, en 1936, le Centre d’études cliniques homéopathiques Périgord-Charentes-Poitou. Après la Libération, il participe, en 1949, à la création du Cercle d’études des médecins homéopathes du Sud-Ouest qui devient, en 1952, la SMHA dont il est le président. Il s’attache à formuler une synthèse des concepts homéopathiques (drainage, constitutions, etc.), proposés par A. Nebel*, et de les expliquer par la physiopathologie. Il commence par rédiger des articles dans l’Homéopathie moderne (1938), puis dans le Bulletin mensuel du Cercle d’études des médecins homéopathes du Sud-Ouest, ensuite le Bulletin de la Société de médecine homéopathique d’Aquitaine (1950-1958) et pendant douze années enfin dans les Annales homéopathiques françaises. Il poursuit une démarche d’explications des médicaments et de leur ordonnancement en fonction des diathèses et des explications physiopathologiques. S’agissant des livres il publie, aux éditions Coquemard d’Angoulême, son Nouveau traité d’homéopathie (2 t., 1947) ; La Réticulo-endothéliose chronique ou Sycose (1950) ; le Traité de médecine homéopathique (1951 ; 2/1981) ; Pourquoi l’homéopathie guérit, conceptions homéopathiques des problèmes de la tuberculose, du cancer, des vaccinations (1952) et une Doctrine homéopathique (1966). Auteur fertile, il écrit aussi de nombreux romans publiés à compte d’auteur. Pour lui “ l’homéopathie n’est point une pratique hermétique, faite de secrets soigneusement gardés par une confrérie jalouse et méfiante. C’est une science comme les autres qui s’apprend, se perfectionne, se démontre et s’applique au grand jour et qui, dans l’intérêt des malades, doit être largement propagée, libéralement répandue. ”              (Ann. homéop. franç., 1981, p. 6-37, phot.) A. S.

BOIRON, Henri (Paris, 4 déc. 1906 - Lyon, 24 mars 1994)

Diplômé de la faculté de pharmacie de Nancy puis docteur en pharmacie de la faculté de Marseille, il participe, en 1932 à la demande de René Baudry*, à la création des Laboratoires Homœopathiques Modernes (LHM). Il quitte cette entreprise (1953) pour organiser son propre laboratoire contigu à la pharmacie située au 68, boulevard Malesherbes. Après sa mobilisation, sous la présidence de Maurice Delpech, il devient vice-président du Syndicat des pharmaciens homéopathes. En 1948 l’administration reconnaît les dilutions hahnemanniennes après avoir demandé de séparer officines et lieu de fabrication. En 1953 il devient président du Syndicat national de la pharmacie homéopathique et publie une Mise au point concernant les dilutions hahnemanniennes et korsakoviennes (Paris, 1953). En 1955 il constitue le Comité international des pharmaciens homéopathes (CIPH) et, en 1965, aboutit à ce que la pharmacopée française officialise l’homéopathie dont les monographies servent de références internationales. En 1967 les laboratoires Boiron sont formés du regroupement des laboratoires de H. Boiron*, de J. Boiron* et des Laboratoires Homéopathiques Modernes (LHM). En 1973 il représente la France au groupe de travail “ Homéopathie ” de la Communauté économique européenne et, en 1981, devient le président d’honneur du Syndicat national de la pharmacie homéopathique. Outre ses fonctions, il propage les travaux sur l’homéopathie lors des Journées pharmaceutiques françaises et internationales et réalise une expérimentation sur Folliculinum, à l’hôpital Lariboisière, qu’il publie, avec Michel Bagros, sous le titre : Étude expérimentale de l’activité biologique de dilutions homéopathiques croissantes de Folliculine (Vienne, Ternet-Martin, 1955). Une de ses conférences retrace son existence liée à celle de la pharmacie homéopathique : “ Évolution de la pharmacie et du médicament au cours des cinquante dernières années ”, Société française d’homéopathie, 1989, Homéop., 1990, 4, p. 23-28. Son livre Le Pharmacien d’officine et l’Homéopathie (PHR) inscrit son engagement envers la reconnaissance du médicament homéopathique et de l’homéopathie comme des éléments utiles à la santé de chacun.

(Cah. group. hahn., 1995, 1, p. 1-2, phot. ; J. homéop, 1994, n° 15, phot. ; Le Trébuchet, 1994, n° 139, phot. ; Homéop. europ., 1994, 3, p. 3-4.) A. S.

BOIRON, Jean (Paris, 4 déc. 1906 - Lyon, 25 juil. 1996)

Tout comme Henri, son frère jumeau, il associe un diplôme de microbiologie, une licence ès sciences (1928) et un diplôme de pharmacie (1929). En 1932, lors de son doctorat en pharmacie, il prend la direction du laboratoire, fondé par R. Baudry* à Lyon, intitulé alors Pharmacie Homœopathique Rhodanienne (PHR). Parmi les travaux, on compte soixante-dix communications, notamment celles effectuées avec les équipes des professeurs Netien* (“ Dix ans de recherches en Homéopathie ”, Annales homéopathiques françaises, 1971 1, p. 11-20), et André Cier (“ Élimination provoquée et spécificité d’action des dilutions infinitésimales ”, Annales homéopathiques françaises, 1962, 10, p. 789-795). Toutes ont pour objectif l’intégration de l’homéopathie dans une démarche conforme aux exigences des scientifiques, ce qui va aboutir, en 1965, à l’officialisation de la pharmacopée. Ses recherches sont axées sur la démonstration de la réalité et de l’efficacité de l’infinitésimal, de la standardisation des préparations homéopathiques et, dès 1949, de la mise en évidence de leur activité pharmacologique, avec l’aide d’A. Gay*, ingénieur de la commission de recherche scientifique. Depuis 1960 secrétaire général du comité de recherche de la Ligue médicale homéopathique internationale d’abord, puis de l’Organisation médicale homéopathique internationale, il multiplie les moyens de développement dont la création, en 1967, des laboratoires Boiron dont il assume la présidence de 1967 à 1983 et il met au point les techniques de dilution et de dynamisation. C’est dans cet esprit qu’il crée, avec D. Demarque* et Robert Perrey, le Centre d’études et de documentation homéopathiques, qu’il jette les bases d’une pharmacopée homéopathique et initie les Assises scientifiques de même que l’Institut français pour la recherche en homéopathie. À partir de son expérience il rédige des ouvrages de référence pharmacologique. Aux éditions Coquemard (Angoulême), il publie Pharmacologie de Graphites (s. d.) ; Cratægus (s. d.) ; Essais de caractérisation de teintures-mères homéopathiques par électrophorèse sur papier (1959) ; Action de deux dilutions successives de HgCl2 sur la respiration des coléoptiles de blé (1965) ; Action de dilutions homéopathiques de fluorure de sodium sur la vitesse de réaction de l’invertase (1965) ; Action d’une 15 CH de sulfate de cuivre sur la cinétique d’élimination de cette substance au cours de la culture “ d’embryons ” préalablement intoxiqués (1968) ; Étude de la déconcentration des dilutions à l’aide d’un produit marqué (1976). Il multiplie les brochures Berberis vulgaris (Évian, impr. de Munier, s. d.), Précisions sur l’Homéopathie (PHR, 1950) ; Contrôle des techniques de fabrication des médicaments homéopathiques à l’aide de produits marqués (Paris, JPF, 1961). Plus récemment il rédige, avec Jacky Abecassis, Biothérapiques (Boiron, 1973) ; Aspects de la recherche en homéopathie (Boiron, vol. 1, 1983), ici en collaboration avec Ph. Belon*, puis Recherches en homéopathie (Fondation française pour la recherche en homéopathie, 1986) et Notes sur l’histoire de la Société rhodanienne d’homéopathie (1905-1970) (Boiron, 1994). Ce dernier document ainsi que Les Bases scientifiques de l’homéopathie (1954) explicitent le trajet d’un engagement pour la reconnaissance de l’homéopathie au plus haut niveau, l’effet scientifique et l’application médicale.

(Homéop. europ., 1996, 5, p. 3-4 ; Cah. biothér., 1996, 142, p. 3, phot. ; J. homéop., n° spécial de 25 juil. 1996.) A. S.

BOURDIOL, René-Jacques (n. Rivoli, Algérie, le 12 août 1928 – décès 23 sept. 2003)

À Oran, en classe de terminale, il est attiré par la psychiatrie. En 1947, il arrive à Paris en vue d’intégrer la faculté de médecine. La même année, il fait la connaissance de Georges Soulié de Morant, propagateur de l’acupuncture en France. Il prend des cours d’homéopathie auprès du médecin Thérèse Martiny, à l’Institut prophylactique Vernes. Il y rencontre L-A. Rousseau*, P. Schmidt* et le Pr Joannon*. Mais déçu par leur absence de réponses à ses demandes d’explications sur l’homéopathie, il décide d’approfondir la neurologie. Le Pr Delmas le nomme chef des travaux pratiques de neuro-anatomie. En 1961, il obtient une médaille d’argent pour sa thèse et prépare l’agrégation. Le sort de l’Algérie en décide autrement, il doit assumer sa famille rapatriée et s’installe à Paris comme médecin praticien des “ médecines alternatives ”. Dans ces années, il est convié par Paul Nogier au sein du Groupe lyonnais d’études médicales. En 1977, il crée le Groupe d’études de médecine manuelle et réflexe qui lui permet d’élargir le champ de ses hypothèses de travail et, en 1980, le Centre international d’enseignement médical. Ses nombreux ouvrages sont publiés par l’éditeur André Maisonneuve : Médecine manuelle et Ceinture scapulaire (1972) ; Traité d’irido-diagnostic (1975) ; Pied et Statique (1980) ; Éléments d’auriculothérapie (1980) ; L’Auriculo-somatologie (1981) ; Réflexothérapie somatique (1983) ; L’Esthétique réfléchie (1984) ; Podo-réflexo-cinésiologie (1986) ; Iono-négativo-thérapie (1988). À propos de la thérapeutique homéopathique, il écrit Homéopathie et Réflexologie, une approche neuro-embryologique (1985) dans lequel, notamment, “ il distingue les remèdes constitutionnels, minéraux de nature, de ceux dits “ comportementaux ” qui possèdent une projection cutanée spécifique ”.

(M. Serfati, P. Bazire, R. Roulin, Le docteur René J. Bourdiol, Moulin-les-Metz : Maisonneuve, 1988.) Annonce décès dans Le Monde, n° du 27 sept. 2003, p. 14 

BOURGARIT, Robert (n. Grenoble, 20 août 1916 –2007)

Fils d’un chirurgien-dentiste de Grenoble, il accomplit ses études dans cette ville, y compris ses études médicales pratiques comme médecin interne des hôpitaux de Grenoble, pendant quatre années, suivies d’une année en pédiatrie chez le Pr Bertoye. Installé en 1942 comme spécialiste de médecine infantile, il exerce pendant dix ans selon les critères universitaires. Intrigué par les succès des traitements homéopathiques, il s’inscrit aux cours dispensés par P. Schmidt* à Lyon et à Genève. Au bout d’une dizaine d’années d’apprentissage théorique et pratique, il inclut l’homéopathie dans sa pratique pédiatrique quotidienne. Après quelques publications dans les Cahiers du Groupement hahnemannien du Dr Schmidt, il fonde, avec G. Demangeat*, l’École hahnemannienne Dauphiné-Savoie et sera l’une des références de pédiatres homéopathes dont Didier Grandgeorges. Lors de sa retraite, il poursuit son activité de médecin homéopathe dévoué en transmettant, sur le papier, son expérience de deux façons. La première, éditée chez Marabout, est destinée aux familles : Soignez votre enfant par homéopathie (1984) et Dico-guide de l’homéopathie (1986). La seconde, publiée chez Maloine, est destinée aux étudiants en médecine homéopathique : Thérapeutique homéopathique du nouveau-né et du nourrisson (1987) et Thérapeutique homéopathique de l’enfant (de 3 à 13 ans) (1989).

(Cahiers group. hahn., 1995, 2, p. 41-49 ; Grandgeorge D, Hommage,  A. S.

CENNELIER, Marc (n. Paris, 16 févr. 1938 – Paris, 2 décembre 2017)

Externe des hôpitaux de Paris lors du concours de 1960, il soutient, en 1965, sa thèse de doctorat en médecine et son certificat d’études spéciales d’oto-rhino-laryngologie. Il continue ce parcours par une nomination, en 1968, d’attaché des hôpitaux de Paris et, en 1973, par une compétence en allergologie et une fonction de praticien attaché en oto-rhino-laryngologie et en allergologie. C’est le département de la Seine-Saint-Denis qu’il choisit : d’abord en 1966 comme généraliste à Montreuil-sous-Bois puis en 1971, à Villemonble, comme spécialiste en ORL ; enfin après sa cessation d’activité libérale, en 1997, comme consultant en ORL, allergologie et homéopathie au Centre médico-social de Pavillons-Sous-Bois et au Centre hospitalier intercommunal Le Raincy-Montfermeil. En effet, dès 1971 il suit les cours d’homéopathie de Roland Zissu* tant et si bien qu’il assure cet enseignement dans le cadre du certificat optionnel de la faculté de médecine de Paris-Nord et qu’il participe également à la fondation, en 1986, de la Société française des médecins spécialistes et compétents. Outre les conférences il rédige dans L’Actualité homéopathique, publie, en collaboration avec R. Zissu* et J.-M. Rodwick*, Allergies et maladies allergiques (Masson, 1988) et, sous sa signature, L’Allergique et l’Homéopathie (Maloine, 1995.)-. « Ce fut un médecin, cultivé, humain, pragmatique et soucieux des détails ; sa renommée a largement dépassé la Seine Saint Denis » a écrit Jean-Paul Billot, « Un médecin pragmatique et dévoué ». La Rev. homéop, 2018, 9 :33-34. A. S.

CHARETTE, Gilbert (Bléré, Indre-et-Loire, 9 févr. 1878 - Nantes, 27 nov. 1953)

Il commence ses études de médecine à Tours pour les conclure, en 1905, à Montpellier. Installé comme médecin de campagne (1906-1911) à Allones (Maine-et-Loire), il se rend à Paris, en 1911, en vue d’étudier l’ophtalmologie, puis s’installe au Mans (1912-1914). Dans le même temps il découvre l’homéopathie avec André Naveau, médecin homéopathe, A. Peuvrier*, pharmacien, et V. Crépel*, médecin-chef de l’hôpital Saint-Jacques. Médecin-lieutenant pendant la guerre de 1914-1918, il s’installe ensuite à Nantes, en tant que médecin homéopathe, et y exerce jusqu’à son décès. À une époque où les journaux médicaux ouvraient plus facilement leurs colonnes à la polémique, il est toujours disponible pour écrire - passion encouragée par l’écrivain Anatole France - contre les guérisseurs, les pharmaciens et ses adversaires idéologiques. Ses succès médicaux et pédagogiques lui permettent d’enseigner l’homéopathie dans l’enceinte de l’école de médecine de Nantes, de participer à des conférences tant dans des sociétés médicales que lors de congrès de la LMHI et, pour cela, il obtient la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Il rédige des ouvrages extrêmement vivants : Qu’est-ce que l’homéopathie ? Ce que tout médecin doit en savoir (Éd. médicales, 1926 ; Le François, 3/1948) qui correspond au recueil de ses articles parus dans Le Journal des Praticiens : Précis d’homéopathie, La Matière médicale pratique (Éd. médicales, 1928 ; Similia, 4/2000) ; Les progrès de l’homéopathie à Nantes (1947-1948), La Matière Médicale homœopathique expliquée (1952, 2/1979). Sous son nom, il écrit également dans la collection “ l’Homéopathie dans l’histoire et la littérature ”, des articles : Le Docteur Herbeau (1945), Le Docteur Octave Castueil (1946), Un homéopathe empoisonneur (1946), Autour de Sainte-Hélène (1946). Il publie Le chevalier Charrette, roi de la Vendée (Sfelt, 1951) et, sous le pseudonyme de Marcelin Gilbert, en 1937, Dix-neuf histoires de Médecins. Après des études sur sa biographie, réalisées par E. Lefort* et François Cousset, un ouvrage Docteur Gilbert Charette, Chevalier de la médecine (Opéra, 1998) lui est entièrement consacré par D. Geoffroy*. Ses écrits restent des références notamment par leur caractère didactique. Accompagnée des commentaires et des ajouts de Rémy Beau, la réédition de son ouvrage majeur La Matière médicale pratique (Similia, 2000) permet une découverte des médicaments répertoriés et associés à leur prescription lors des observations cliniques recueillies par des médecins.

(Homéop. franç., 1954, 42, 1, p. 63 ; Cah. homéop. thér. comp., 1954, 2, p. 191-192 ; E.-F. Lefort, Cah. biothér., 1983, 78, p. 9-14. ; Rev. belge homéop., 1954, 1, p. 191-192 ; Act. Soc. rhod. homéop., 1953, 34, p. 6-8 ; F. Cousset, Homéop. europ., 1997, 6, p. 29-31, phot. ; Bull. SNMHF., 1954, 18, p. 3-5.) A. S.

CHAVANON, Paul (Paris, 8 déc. 1898 - Paris, 21 nov. 1962).

Fils d’un professeur de Lettres classiques du collège Massillon, ses qualités en font un lauréat de la faculté de médecine de Paris avec pour intitulé L’anesthésie générale simple et précise (1926, médaille de bronze et prix Barbier), devenu L’anesthésie simple et précise (Impr. Durand, 2/1927). Il devient le premier spécialiste d’homéopathie qui s’intéresse à l’oto-rhino-laryngologie. Aux dires de son ami, le médecin Georges Griolet, il est attiré dès 1923 par humanisme vers l’homéopathie. Il est également motivé au contact du pharmacien A. Peuvrier* par le maniement de ces médicaments homéopathiques en vue de les utiliser dans les services hospitaliers qu’il traverse. Il rédige des travaux sur la possibilité d’une vaccination antidiphtérique par l’homéopathie dans Le Traitement clinique de la diphtérie (Vigne, 1928), ce qui aboutit à la publication de La Diphtérie, traitement clinique et immunisation (Impr Saint-Denis, 1929, 3/1931), titre transformé en La Diphtérie, traité de thérapeutique et immunisation (Impr Saint-Denis, 4/1932). Mais surtout il est connu d’une façon internationale par le Précis de Thérapeutique ORL homœopathique (Impr. Saint-Denis, 1935 ; Similia, 3/1989). Cette recherche l’amène à prendre des positions offensives contre les effets indésirables des vaccinations et il publie On peut tuer ton enfant. Le vaccin antidiphtérique officiel a déjà tué nombre d’enfants (Médicis, 1938), puis Nous, les… Cobayes. Documentation sur l’anatoxine et l’hypotoxine diphtériques (Médicis, 1946). Cet engagement, dans la période de l’occupation, lui vaut une procédure correctionnelle et les vexations de la Commission des vaccins et des sérums de l’Académie de médecine. Ce qui ne l’arrête nullement puisqu’il rédige La Guerre microbienne est commencée (BCG, etc.) (Dangles, 1950). Bien entendu, outre de nombreux articles et communications afférents à ses travaux cliniques, notamment relatifs aux médicaments et aux correspondances entre dilutions korsakoviennes et hahnemanniennes, il publie, avec R. Levannier*, Mémento homœopathique d’urgence (Impr. Nicolas, 1935 ; Dangles, 9/1989). En plus de ses ouvrages, il met au point, par sa connaissance et son expérience, des spécialités homéopathiques commercialisées sous le sigle PC, c’est-à-dire Paul Chavanon, et d’autres devenues très prisées (par exemple : Homéoplasmine®, Sédatif PC®, etc.).

(Annonce décès, Ann. homéop. franç., 1962, 3, p. 240 ; Ann. homéop. franç., 1963, 5, p. 395-397 ; Cah. biothér., 1987, 94, p. 7-9 ; Cah. biothér., 1997, 148, p. 6-8.) A. S.   

CHIRON, Paul-Édouard-Henri-Léon (Chemillé, Maine-et-Loire, 11 déc. 1879 - Paris, 9 févr. 1952)

De la famille du médecin homéopathe Jean Chiron (1855-1938), il s'implique dans les études médicales, d'abord à Angers - il y devient l'ami de Charles Mondain et d'É. Rousseau*- puis à Paris. Après la soutenance de sa thèse pour le doctorat en médecine dans la capitale, en 1905, il s'installe rue de Maubeuge comme médecin homéopathe. Mobilisé lors du premier conflit mondial, il est médecin ambulancier et poursuit un actif prosélytisme en faveur de l'homéopathie notamment auprès d'A. Rouy*. Après 1918, titulaire de la croix de guerre et chevalier de la Légion d'honneur, il donne des consultations à l'hôpital Hahnemann de Neuilly-sur-Seine ce qui lui vaut de nombreux élèves dont certains tels G. Dano*, A. Mouézy-Eon*, M. Fortier-Bernoville* et A. Rouy*. Il publie ses Éléments de Matière médicale homœopathique (1923, Peyronnet, 3/1950). Son activité compte des articles, des conférences et des consultations qu'il donne au Centre homéopathique Saint-Augustin et s'étend à la vice-présidence de la SFH. Il est l'un des fondateurs du Syndicat national des médecins homœopathes français (1932), dont il devient vice-président (1935). Avec M. Fortier-Bernoville* il fonde l'École française d'homéopathie. Dépassant sa timidité, il est connu pour son dévouement à ses malades et à ses confrères.

(Actes naiss. et décès ; Propagat. homéop., 1932, p. 254 ; Rev. franç. homœop., 1938, 10, p. 436 ; Actes Soc. rhod. homéop., 1952, 1, p. 74-75 ; Bull. Soc. méd. homéop. Aquitaine, 1952, 7 ; Bull. Soc. franç. homéop., 1952, 1 ; Bull. SNMHF, 1952, 11 ; Bull. SNMHF, 1953, 17 ; Bull. SNMHF, Homéop. europ., 1993, 1.) A. S

CORNILLOT, Pierre (n. Saint-Mandé, Val-de-Marne, 20 oct. 1931 – 10 janv. 2018)

Il soutient sa thèse pour le doctorat en médecine (1959), devient professeur agrégé (1963) de médecine (biochimie médicale) puis chef de service de biologie des hôpitaux de Paris (1965). Il est le premier doyen de la faculté de Bobigny (1968-1987) avant de présider l’Université de Paris XIII (1987-1992). En 1993, il crée l’Institut universitaire professionnalisé “ Ville et santé ”. Son esprit innovateur s’exprime        au sein de sa fonction de doyen : fondateur de l’Institut universitaire professionnalisé “ Ville et santé 1993 ” ; des initiatives de tion médicale continue pour les médecins généralistes ; passerelle pour les professionnels de santé vers les études médicales, etc.

En faveur de l’homéopathie, il institue le diplôme universitaire des médecines naturelles (DUMENAT) et dirige ce département dès sa création en 1982. Il dirige ensuite, en 1985, la collection de l’Encyclopédie des médecines naturelles et coordonne la rédaction des deux volumes Homéopathie - le traité (Frison-Roche, t. 1, 1995 ; t. II, à paraître). Pour cet universitaire, la faculté de médecine doit permettre aux futurs médecins une approche concrète de la profession et une réflexion sur son système de santé. A. S.

(Poitevin B, Sarembaud A. Hommage à Pierre Cornillot (1931-2018) et présentation de son texte Introduction au livre Homéopathie. La Revue d’homéopathie 2018 ; 9 :51-57 ; Popowski P. Hommage au Professeur Cornillot. Cah. Biother 2018, 260, 61

CRAPANNE, Jean-Bernard (St-Chamond, Loire, 17 août 1949 - Lyon, 6 déc. 1997)

Diplômé de la faculté de médecine de Lyon (1974), il s’installe comme médecin généraliste à Lentilly (Rhône), puis à Dijon (1976-1996). Dans le même temps, il suit l’enseignement d’Yves Charles à l’hôpital Saint-Luc de Lyon. En 1978, il fonde, avec Freddy Mamo, une école d’homéopathie et d’acupuncture qu’il quitte en 1980 pour prendre en charge l’école régionale du CEDH. De 1984 à 1987, il est le secrétaire général de la LMHI, puis est élu secrétaire-général de l’Organisation médicale homéopathique internationale (1988). Après avoir été le secrétaire général du CEDH et œuvré à la diffusion internationale d'une homéopathie pluraliste, il succède à J. Jouanny* dans la fonction de directeur médical au sein des laboratoires Boiron et du CEDH. Il organise cours et séminaires et développe une consultation homéopathique dans le service d'hépato-gastro-entérologie du Professeur Trepo à l’Hôtel-Dieu de Lyon. Outre les ouvrages collectifs auxquels il participe aux éditions Boiron, Thérapeutique Homéopathique. Possibilités en pathologie aiguë (t. I, 1986 ; 3/2000) ; Possibilités en pathologie chronique (t. II, 1988 ; 2/1998), il coordonne les « Actes des journées de l’Institut Boiron » : La Femme de 40 à 50 ans (Boiron, 1996). Son activité se manifeste lors des rencontres d’homéopathie, notamment celle du congrès international (Paris, 1994) organisé conjointement par la FNSMHF et l’OMHI. Il décède lors d’un accident de voiture.          

(Éd. spéciale du J. homéop., 10 déc. 1997, phot. ; Homéop. europ., 1998, 1, p. 4, phot.) A. S.

DANO, Georges (Dunkerque, Nord, 19 févr. 1888 - Villemarœuil, Seine-et-Marne, 22 août 1969)

Fils d’un intendant militaire breton, il obtient son diplôme de pharmacien à la faculté de Nantes puis, convaincu de l’intérêt de l’homéopathie par Picard, médecin homéopathe nantais, il s’inscrit en première année de médecine à la faculté de Paris. Ses études sont interrompues par la guerre de 1914-1918 qu’il effectue comme ambulancier. En 1922, il soutient sa thèse de médecine qu’il enrichit des certificats de botanique générale et de physiologie. La même année il prend en main une société de secours mutuel fondée par sa famille. Adhérent de la SFH, de la SRhH, de la Ligue médicale homéopathique internationale et vice-président de la Société médicale homéopathique d’Aquitaine, il participe également à l’enseignement au Centre homéopathique Saint-Augustin, à l’administration de l’hôpital Hahnemann où, avec J. Pezé*, il ouvre une consultation. De 1956 à 1969 il est élu au conseil d’administration du Syndicat national des médecins français et participe aux commissions sur les dilutions korsakoviennes avec H. Jarricot*, F. Lamasson* et P. Kollitsch*. La fabrication du médicament homéopathique à visée antiallergique Poumon histamine (sur un cobaye décédé d’un choc anaphylactique), les dilutions korsakoviennes et son action en faveur de la création de la FNSMHF le situent parmi les médecins homéopathes de renom. S’agissant de ses écrits, on recense Bryonia alba (Éd. médicales, 1929) ; Les Syndromes thyroïdiens et leurs relations avec la matière médicale homœopathique (Éd. médicales, 1930) ; Étude sur cinq médicaments minéraux constitutionnels, caractéristiques suivant l’âge, rapports endocriniens, complémentaires (Le François, 1937) ; Contribution à la thérapeutique des accidents allergiques et de leurs équivalents (Le François, 1964) ; Une Méthode méconnue, l’Homéopathie (Le François, 1964 ; 2/1973) ; L’Ionisation, mode d’introduction de certains médicaments homéopathiques (1967) ; Un Cas de zona ophtalmique traité par ionisation (1968). Aux dires de tous ceux qui l’ont connu, c’était un médecin qui avait le goût de la recherche pratique et la ténacité pour atteindre le but recherché.

(Ann. homéop. franç., 1971, 13, 5, p. 348-370, phot. ; Bull SNMHF, 1969, 5, p. 209 ; Bull SNMHF, 1985, 3, p. 38-44.) A. S.

DELOUPY, Henry-Victor-André (Mont-Louis, Pyrénées-Orientales, 8 mai 1911 - Nice, 9 janv. 1997)

Apès avoir soutenu la thèse de doctorat de la faculté de médecine de Nancy (1938), il est atteint d'une affection grave que soigne un médecin homéopathe. Ceci lui évite une intervention chirurgicale et, par voie de conséquence, lui fait abandonner la préparation à l'internat des hôpitaux pour rejoindre L. Vannier*. Diplômé du Centre homéopathique de France, il effectue son service militaire comme médecin d'un bataillon de la Légion étrangère dans le Sud algérien puis il s'établit à Oran où, pendant vingt-deux ans, il anime la consultation homéopathique d'un dispensaire. En 1944 il participe au débarquement de Provence et aux combats de la Libération. À ce titre, il est décoré de la croix de guerre et de la Légion d'honneur. Le 8 mai 1961, pour s'être opposé publiquement, en tant que président de l'Union des officiers de réserve de l'Oranie, au revirement du gouvernement de l'époque sur le sort de l'Algérie, il est assigné à résidence, puis expulsé. Il rentre en métropole avec ses huit enfants avant de s'installer définitivement à Nice. Il rejoint le CHF. Enseignant d'homéopathie à Paris, il assume la présidence du Congrès national en 1967. Il répercute cet enseignement en créant le Centre d'études homéopathiques Nice-Côte d'Azur dans les locaux de la faculté de médecine de Nice. Auteur de nombreux articles et de conférences dont vingt-six articles parus dans L'Homéopathie française (1950-1982), il égratigne allègrement dans Un trésor caché, l'homéopathie ceux qui parlent d'homéopathie comme ceux qui la pratiquent sans bien la connaître. Il publie C'est nous, les Africains (Éd. du Scorpion, 1967) ; Une bouteille à la mer (polycopié, 1991) et Les Blindés de la Libération (Services historiques de l'Armée de terre, 1992).

(Acte décès ; Homéop. europ., 1997, 2, p. 30-31.) A. S.

DELTOMBE-KOPP, Micheline (n. Strasbourg, 30 août 1927- Paris, 19 août 2016)

Fille du docteur André Kopp (1899-1970), fondateur du Centre homéopathique d’Alsace et de la Société homéopathique de l’Est, elle perpétue une tradition par son inscription, en 1946, à la faculté de médecine à Strasbourg où elle soutient sa thèse de médecine centrée sur la pédiatrie (1953). Elle obtient, à Paris, le certificat d’hygiène et d’action sanitaire et sociale (1955) avec le professeur P. Joannon*, puis le certificat (1956) et la qualification (1957) de pédiatrie. Comme son père avant elle, elle développe, à partir de 1952, des liens amicaux avec L. Vannier* et ses nombreux collaborateurs. Diplômée d’homéopathie par le CHF(1959), elle s’installe à Paris en 1962 comme pédiatre homéopathe tout en assumant une fonction de consultant, de 1966 à nos jours, à l’hôpital Saint-Jacques et, de 1964 à 1990, au dispensaire Hahnemann. Chargée de cours et de communications lors des congrès, elle établit, avec un noyau composé de R. Bourgarit*, Jean-Louis Laloye, Pierre Robert, A. Vallette* et J. Lamothe*, des échanges avec tous les pédiatres homéopathes français et belges. En 1983 elle crée le Groupement des pédiatres homéopathes d’expression française dont elle devient la présidente jusqu’en 1998 avant d’occuper la présidence d’honneur. Enseignante du CHF, elle participe également, depuis 1984, à l’enseignement de l’homéopathie au Maroc et à la faculté de médecine de l’Université Paris-Nord qu’elle coordonne depuis 1994. Rédacteur de la revue L’Homéopathie européenne, elle a publié les numéros spéciaux “ Enseignement ” de L’Homéopathie française : Pédiatrie homéopathique (t. I, janv. 1979 ; t. II, mars 1979) de même qu’elle a traduit le livre de H. Imhaüser* Manuel d’homéopathie pratique en pédiatrie (Le Courrier du livre, 1982). Avec G. Jägerschmidt*, elle fait paraître, aux éditions Similia, Abrégé de matière médicale du tout-petit (1994) et Le Tout-petit et l’Homéopathie (2000). En plus de l’édition de ses interventions toujours très concrètes dans les congrès de la FNSMHF et les rencontres du Groupement des pédiatres homéopathes d’expression française, elle participe à l’écriture de l’Encyclopédie des médecines naturelles consacrée à l’homéopathie (Frison-Roche, 1995), à l’adaptation française, rédigée par Andreu Lockie et Nicolas Geddes de l’Encyclopédie pratique, homéopathie, principe et traitement (Sélection du reader digest, 1996, 2/2002). Sa passion pour l’homéopathie se trouve “ réalisée dans l’application pédiatrique et la volonté de réaliser un dialogue avec tous les intervenants de la profession. » (Sarembaud A. Hommage à Micheline Deltombe-Kopp (1927-2016). La Rev. d’Homéop. 2016; 7 : 173-174 ; Popowski P. À la mémoire de notre bien aimée collègue, le Docteur Micheline Deltombe. Cah. Biother 2016,  254, 63-4) A. S.

DEMANGEAT, Georges (Lyon, 19 nov. 1913 - Chambéry, 24 juil. 1990)

Après des études classiques à Chambéry, il est quelque temps attiré par la marine. Il fait sa première année d’études médicales à Brest, en préparation Santé navale ; bien que reçu à ce concours, il préfère la faculté de médecine de Lyon. Une fois diplômé (1938), il s’installe aussitôt à Luc-en-Diois (Drôme) et pratique la médecine de campagne, avec la fonction de propharmacien dans le contexte difficile de l’Occupation et de la Résistance. En 1944 il s’engage dans l’armée française sur le front lorrain et, à son retour, déménage à Chambéry pour y exercer jusqu’à sa retraite (1986). Dans la capitale des ducs de Savoie, il s’investit dans la vie locale, non seulement via la présidence du Club alpin français et du Secours en montagne, mais également par une activité de conseiller municipal, adjoint au maire et délégué pour la commission hospitalière, l’administration de l’Office public des habitations à loyer modéré (notamment en direction des personnes âgées et dépendantes). Ses qualités le font élire conseiller de l’Ordre des médecins de Savoie et représentant au conseil d’administration de la Caisse primaire de l’assurance maladie de Chambéry. Cependant, c’est pour l’homéopathie qu’il va le plus s’engager. Sa défiance de la thérapeutique médicamenteuse augmente, il s’intéresse à tout ce qui est étrange, voire ésotérique et en vient ainsi à l’homéopathie. C’est dès 1942, par son inscription aux cours du Centre homéopathique de France, puis en 1951, par sa correspondance avec J. Séval*, puis sa rencontre avec un homéopathe marseillais, neveu de A. Chargé*, Emmanuel Gaulhard et surtout par les vingt-cinq années de travail avec P. Schmidt*, qu’il va progressivement devenir une personnalité homéopathique de premier plan. Il participe aux discussions du “ Groupe H ”, donne des cours qui le conduisent à créer, en 1958, la section Dauphiné-Savoie de l’INHF et à présider cette société en 1983, de même que l’École française d’homéopathie. Il organise, en 1968, un enseignement d’homéopathie “ uniciste ” dans sa région qui devient, en 1976, avec l’aide de R. Bourgarit* et de Jean-Marie Morel, l’École d’homœopathie hahnemannienne Dauphiné-Savoie avec le séminaire de Biviers. Deux années après son inhumation, en 1992, en présence de Louis Besson, ancien ministre et maire de Chambéry, un hommage lui est rendu par les professionnels de l’homéopathie sous forme de son buste érigé dans cette ville. Ses écrits et ses conférences sont réunis dans un ouvrage Conférences d’homéopathie (Similia, 1989).            

(Homéop., 1990, 3, p. 46-47 ; Cah. biothér., 1990 ; 107, p. 3-4 ; Cah. group. hahn., 1991, 1, p. 1, phot. ; Docteur Georges Demangeat, édité par l’Association pour la mémoire du Dr Georges Demangeat, 1992.) A. S.

DEMARQUE, Denis (Rochefort, Charente-Maritime, 8 févr. 1915 - Puymiclan, Lot-et-Garonne, 17 oct. 1999)

Fils de Raymond Demarque, médecin homéopathe à Rochefort, traducteur de la Matière médicale homéopathique de J. T. Kent*, il est diplômé de la faculté de médecine de Montpellier (1940) il soutient sa thèse pour le doctorat : Variations sur le néo-hippocratisme dans l’approche de laquelle il situe l’homéopathie. Dans le même temps il réussit le concours de l’internat de médecine des hôpitaux de Bordeaux et sort major de sa promotion de Santé navale. C’est pendant cette période qu’il rencontre J. Poirier*, médecin homéopathe, qui le conforte dans sa démarche. En 1946 il installe son cabinet médical à Bordeaux et va recevoir en consultation une clientèle nombreuse et illustre, dont la famille Mauriac. Il fonde, avec H. Bernard*, en 1951, la SMHA et, l’année suivante, l’INHF. Il dirige la rédaction des Annales homéopathiques françaises. Pour relancer l’étude de l’homéopathie auprès des jeunes médecins et encouragé par F. Lamasson*, il crée avec P. Joly*, M. Aubin*, P. Picard* et J. Jouanny*, en 1972, le CEDH  qui reçoit l’aide de J. Boiron* et Robert Perrey, responsables des deux principaux laboratoires français. Il organise cet enseignement privé (en vue de préparer les médecins homéopathes à l’enseignement universitaire) jusqu'en 1990. La même année il incite à l’intégration de l’homéopathie dans le système universitaire bordelais qui aboutit, en 1982, au diplôme universitaire de thérapeutique homéopathique. En 1971 il fonde l’Association française pour la recherche en homéopathie, avec F. Lamasson* et J. Boiron*, dont il préside, lors des Entretiens homéopathiques de Paris, les Assises scientifiques. Il a rédigé environ quatre-vingt-dix articles et communications dont les trois plus récents, La Méthode hahnemannienne, Intérêt actuel du type sensible et Les véritables précurseurs de l’homéopathie et les dérives actuelles sur le concept de similitude sont insérés dans Homéopathie - le traité de l’Encyclopédie des médecines naturelles (1995). De ses ouvrages, le premier, en 1956, écrit en collaboration, s’intitule Aux Médecins homéopathes pour sauver l’homéopathie. Il est suivi de nombreux livres pédagogiques, publiés par le CEDH et les éditions Boiron, certains réalisés en collaboration : La Prescription homéopathique en rhumatologie (1974) ; une série de quatre ouvrages de Pratique homéopathique en… (1977 à 1980) ; Étudier l’homéopathie (1985) avec P. Joly* ; Concordances homéopathiques (1980, 2/1989) avec M. Aubin*, P. Joly, J. Jouanny* et Y. Saint-Jean* ; Homéopathie - Connaître la Matière médicale en deux tomes (1989/1990) avec J. Jouanny*, B. Poitevin* et Y. Saint-Jean* ; Cliniques homéopathiques (1992) avec Philippe Demange, Philippe Desobeau, Michel Durand, A. Holtzscherer*, Yvon Lalanne, Y. Saint-Jean* et Gérard Sanchis ; Pharmacologie et Matière médicale homéopathique (1993 ; 3/2003) avec J. Jouanny*, B. Poitevin* et Y. Saint-Jean*. Il rédige des documents dans lesquels il imprime sa personnalité en vue de l’étude de l’homéopathie dont le plus caractéristique est L’Homéopathie, médecine de l’expérience (Coquemard, 1968 ; Maisonneuve, 1981 ; Boiron, 2001). Admirateur de l’écrivain espagnol Cervantes, il appuie sa conviction sur une érudition homéopathique, une philosophie mêlée des concepts classiques (Aristote, saint Thomas d’Aquin) et une volonté moderne d’insérer l’homéopathie dans le cursus officiel médical. Nous recensons également Comment étudier la matière médicale homéopathique (1974) ; Le Médicament homéopathique, sa prescription (1975) ; L’Homéopathie, thérapeutique personnalisée (1972, 2/1976) ; L’Homéopathie sans masque (Doin, 1979) dans lequel il s’oppose à ce qu’il considère des dérapages théoriques et pratiques des homéopathes, dont l’ésotérisme. Ses principaux ouvrages pédagogiques sont Sémiologie homéopathique (Le François, 1972 ; Boiron, 4/2000) ; Techniques homéopathiques (Le François, 1973 ; Boiron, 3/2000) et Termes médicaux homéopathiques (CEDH, 1976). S’agissant de l’étude de l’histoire de la médecine homéopathique, ses derniers essais publiés par les éditions Boiron, Collection du Caducée, sont Samuel Hahnemann, savant de l’ère moderne (1990) et Médecine et Spécificité (1993).   

(B. Poitevin, “ En souvenir ”, Homéo. europ., 1999, 6, p. 194 ; Homéop. europ., 2000 ; 1, p. 5-10 ; Bull. SNMHF, 1999 ; A. Horvilleur, La Lettre de l’OMHI, 1, 2000 ; J. homéop., hors série n° 15, juil.-août 2000, phot.) A. S.

DENIS, Marcel (Liévin, Pas-de-Calais, 1er oct. 1905 -  9 nov. 1981)

Fils de pharmacien, il devient après des études au lycée de Douai tout d’abord ingénieur des Mines puis s’inscrit à la faculté de médecine de Lille dans laquelle il soutient, en 1933, une thèse de doctorat, Les Sangsues en médecine. Il complète sa formation par une spécialisation en dermatologie à l’hôpital Saint-Louis de Paris. Élève de L. Vannier*, il exerce l’homéopathie d’abord à Douai puis à Lille et devient enseignant au Centre homéopathique de France. En 1958 il rejoint l’INHF et F. Lamasson*. Il assume la vice-présidence du Syndicat national des médecins homéopathes français et, en 1973, la présidence du congrès de la FNSMHF. Adepte de l’observation clinique, de la diathèse, c’est-à-dire de “ l’être examiné et écouté dans sa globalité psychosomatique ” et de la prescription des dilutions korsakoviennes, il laisse nombre de documents, notamment dans les Annales homéopathiques françaises, que ses amis et collègues, Louis Carlier et Jacques Myon, réunissent en un ouvrage L’Homéopathie en dermatologie (Maisonneuve, 1983).      

(Bull. SNMHF, 1982, 2, p. 6-7 ; Homéop. franç., 1981, 10, p. 723.) A. S.

DESMICHELLE, Guy (n. Clermont-Ferrand, 15 juil. 1928)

Diplômé de la faculté de médecine (1957), ancien médecin externe puis interne des hôpitaux de Paris, il obtient, en 1958, le diplôme de médecine du travail et d’hygiène industrielle. Il devient alors médecin assistant des sanatoriums puis prend de multiples responsabilités dans la médecine du travail. De cette expérience il publie une dizaine de communications, notamment sur “ la gale ” (1961-1962), “ le rôle de l’assistante médico-sociale du travail ” (1962) et “ l’adaptation des handicapés ” (1964). Puis il étudie l’homéopathie au CHFdont il est diplômé (1968), chargé de cours (1970), professeur (1972), secrétaire général (1972-1975), président (1975-1987) et enfin président honoraire. Au sein des enseignements universitaires d’homéopathie, il est chargé de cours aux facultés de médecine et de pharmacie (Paris-Nord, Paris V, Lille, Marseille, Montpellier, Nice). Directeur (1975-1987) de L’Homéopathie française, il y publie quarante-six articles et, en 1976, un numéro spécial enseignement Troubles du caractère chez l’enfant, mais également, avec Jacques Manson et Jean-Marie Drouard, Homéopathie en rhumatologie (Maloine, 1991). A. S.

DESWARTE, Didier (n. Loon-Plage, Nord, 10 avril 1947 – Lille, 15 mai 2023)

Docteur en médecine à la Faculté d’état de médecine de Lille (1976), il exerce dans la même ville Lille selon les orientations d’homéopathie, d’acupuncture et d’ostéopathie. Il y associe, depuis 1997, une activité en acupuncture et homéopathie au sein de la consultation multidisciplinaire de la Douleur (hôpital Provo de Roubaix) et, depuis 2000, dans le service de médecine interne (CHRU de Lille). Il a obtenu les qualifications d’études complémentaire de pathologie interne et d’attestation complémentaire de pédiatrie pratique. Pour l’homéopathie, il est diplômé du CHF et participe à son enseignement au sein de la faculté lilloise de même que celui d’acupuncture à l’Académie d’Acupuncture de Paris. Il joue un rôle important associatif avec ses  responsabilités de président de la Société de perfectionnement homéopathique du Nord et de la Société savante d’homéopathie, également au sein de la direction du SNMHF. Il publie avec Jean-Paul Coppin * Confiez votre thyroïde à l’homéopathie (Marco Pietteur, 2006) ; puis seul Systémique et globalité : Prescrire l'homéopathie en endocrinologie (CEDH, 2014) et Homéopathie en polypathologie (Elsevier Masson, février 2018). Il exprime qu’il « a eu beaucoup de satisfaction à exercer avec ces trois disciplines  médecine générale, homéopathie et acupuncture) et aussi d’ouvrir ma pratique au milieu hospitalier. C’est une belle expérience. J’invite les jeunes confrères à trouver de même leur épanouissement »

DUFILHO, Robert (Lectoure, Gers, 28 août 1897 - Oloron-Ste-Marie, Pyrénées-Atlantiques, 13 mai 1989)

Fils du procureur de la République française en Indochine, il est élevé dans une atmosphère de rigueur protestante. Il participe à la Grande guerre. Après l'armistice de 1918, il poursuit ses études médicales à l'École de santé navale, à Bordeaux, et il choisit de s'installer en 1931 à Oloron-Ste-Marie. Dès 1932, il s'intéresse à l'homéopathie après la lecture des livres de G. Charrette* et de E. B. Nash*. Il correspond dès 1934 avec P. Schmidt*. Avant la seconde guerre, en 1936, il voyage à Londres où il suit les consultations de M. Tyler*, au Royal Homeopathic Hospital et en Argentine où il rencontre Paschero. Il rédige un ouvrage La Géographie homéopathique, afférent aux tropismes des remèdes figurant sur des schémas anatomiques, document publié à partir des recherches de Robert Seror (Coquemard, 1966 ; Similia, 2/1989). En 1948, il participe aux premières rencontres de la SMHA, publie dans les Annales homéopathiques françaises et Les Perspectives homéopathiques. En contact avec L. Vannier*, il fait paraître dès 1951 une vingtaine d'articles dans L'Homéopathie française. Il associe également ses ordonnances avec des notions d'hygiène inspirées de P. Carton*. Il édite, à compte d'auteur, Les Symptômes mentaux en homéopathie (1985, Similia, 3/1989). Il confie sa série de fiches de matière médicale condensée, “ ses gammes ”, à Jean Belley et à Didier Marion qui font connaître sous la forme d’un document de matière médicale homéopathique et pédagogique référencé sous le titre : Le Piano homéopathique (Similia, 1999).

(Homéop. franç., 1989, 6, p. 55 ; Homéop., 1991, 3, p. 22-27 ; Cah. group. hahn., 1994, 5, p. 187-200, phot.) A. S.

DUFLO-BOUJARD [BOUJARD-DUFLO], Odette (n. Rouen, 5 mai 1929 – Paris 12 déc. 2020)

Elle devient, en 1952, externe des hôpitaux de Paris, puis obtient, en 1955, la spécialité en ophtalmologie avant de soutenir, en 1956, une thèse pour le doctorat en médecine. Assistante dans le service d’ophtalmologie de J.-Paul Bailliart à l’hôpital Léopold-Bellan, elle assure également les fonctions d’attachée de consultation du service d’ophtalmologie de l’hôpital Cochin dirigé par le professeur Paul Brégeat qui la fait nommer attachée-consultante à l’hôpital Ste-Anne. Avant l’externat, elle rencontre Michel Boujard, étudiant en médecine, déjà formé à l’homéopathie. Il devient son mari qui lui fait consulter Jacques-Émile Emerit, son oncle, pour la soigner de “ céphalées rebelles ”. Le résultat est si bénéfique qu’elle s’inscrit au cycle d’enseignement du CHF avec pour professeurs, C. Dubost*, L. de Mattos et É. Iliovici. Elle y obtient son diplôme (1957). Avec son époux, elle fait partie des proches de L. Vannier*. Elle décide de traiter des patients atteints de troubles ophtalmologiques en s’aidant des ouvrages d’ophtalmologie homéopathique du Français D. Parenteau* et de l’Anglais Norton. Parallèlement, elle devient enseignante du CHF, médecin consultant au dispensaire Hahnemann, à l’hôpital Saint-Jacques et au dispensaire Saint-Augustin, elle enseigne à la SMB et à la faculté de médecine de Paris-Nord. Elle multiplie les communications dans les congrès et les publications dans les revues homéopathiques : Annales homéopathiques françaises, Cahiers de biothérapie, Homéopathie française, Homéopathie européenne, puis rédige les articles relatifs à l’ophtalmologie et à l’homéopathie dans les volumes de L’Encyclopédie médico-chirurgicale (1967) et de L’Encyclopédie des médecines naturelles (1995).

 De 2003 à 2012, elle a assuré le fonctionnement scientifique et convivial des « Entretiens homéopathiques de Paris », grâce à sa fonction de modératrice. Dès 1985, elle fonde et préside la Société d’ophtalmologie homéopathique, un groupement présent lors des congrès de la Fédération nationale des sociétés médicales homéopathiques.

Sa renommée s’explique, depuis 1957, par ses qualités de spécialiste en ophtalmologie, ancienne assistante des professeurs J.-Paul Bailliart et Paul Brégeat, et ses dons d’enseignante d’homéopathie, formée par le docteur Léon Vannier, et exerçant au sein du Centre homéopathique de France.

Elle proposera son expertise auprès des malades pendant les consultations d’ophtalmologie homéopathique au sein de structures publiques (dispensaire Hahnemann, hôpital Saint-Jacques et dispensaire Saint-Augustin) et dans son cabinet parisien.

Cet enthousiasme se traduira également par de nombreuses conférences, puis par l’écriture d’une cinquantaine d’articles publiés, notamment, au cours de cette récente décennie, dans La Revue d’Homéopathie [1, 2, 3].

Ces communications sont synthétisées dans des ouvrages devenues références : Traité d’ophtalmologie homéopathique (1978 ; 2/1988) ; Ophtalmologie homéopathique en pratique courante (2000) et L’homéopathie pratique pour les soins de l’œil (2006) [4].

Plus de soixante années consacrées à la médecine homéopathique, centrée sur l’exercice ophtalmologique, relatées via les écrits collectifs de la profession dans L’Encyclopédie médico-chirurgicale (1967) ; L’Encyclopédie des médecines naturelles (1995) et Comprendre l’homéopathie en France (2014).

Nous devons souligner aussi sa détermination et son altruisme : lors de sa dernière année d’activité d’exercice libéral, notre consœur est partie en mission humanitaire au Pérou en vue de dépistages ophtalmologiques, d’apports de lunettes et de médicaments homéopathiques destinés aux populations disséminées dans les villages de montagne. Pour en savoir davantage sur ce parcours d’exception, nous recommandons d’une part l’ouvrage de Jacqueline Peker consacré aux homéopathes contemporains dénommés « remarquables » dans son livre éponyme. (Rev Homéop.2021; 12,2: 113-14.) AS.

DUPRAT, Fernand-Jules-Henri [Henry] (Montech, Tarn, 15 févr. 1878 - Paris, 18 mai 1968)

Issu d’une famille de magistrats, après des études chez les maristes, ce sont des études musicales au Conservatoire et médicales à la faculté de Toulouse qu’il entreprend. Il poursuit le cursus médical à Paris. Après sa thèse (Paris, 1902), il s’établit d’abord à Versailles, puis à Louveciennes. Pendant cette période, deux faits vont le persuader de l’efficacité de l’homéopathie. Le premier tient dans ses conversations avec G. Weber* et le médecin homéopathe ottoman Douz. Le second correspond à sa guérison d’une fièvre typhoïde par l’abbé Téton grâce aux remèdes homéopathiques. Cependant il n’est pas satisfait de son installation et décide d’emménager à Genève. En vue de s’y installer, il doit soutenir de nouveau une thèse médicale (1906). Avec J. Gallavardin* et A. Nebel*, il relance l’activité de la Société gallicane d’homéopathie. Il devient rédacteur en chef du Propagateur de l’homœopathie jusqu'en 1939. Il participe à la création de la Société régionale d’homéopathie du Sud-Est de la France et de la Suisse romande (1910) qui se transforme en SRhH (1927). Il en est le président de 1930 à 1963. C’est un polémiste brillant qui est l’un des acteurs de toutes les controverses intéressant l’homéopathie, y compris dans le débat avec P. Vannier* sur la “ prescription des dilutions korsakoviennes ” Parmi ses écrits on relève ses “ Lettres ouvertes ” telles Le Dr Huchard et l’homœopathie, texte écrit avec J. Gallavardin* (Genève, Pfeffer, 1909), L’Homéopathie et sa critique, à propos de l’ouvrage du docteur Dejust, de l’Institut Pasteur (Paris, Éd. médicales, 1924), L’Homœopathie toujours vivante et victorieuse (Genève, Naville, 1926) ; Médecine homéopathique et médecine naturiste (Vienne, Martin et Ternet, Paris, Maloine, 1931) et Naturisme, typologie, homœopathie (Extrait Homéop. mod, s. d) ; L’Homœopathie ou la médecine sensible d’abord à la raison (1933) ; avec J. Jarricot*, La Position scientifique de l’homéopathie (1938) ; Réponse au Pr Roch à propos de son jugement sur l’Homéopathie (1952). Il rédige Théorie et technique homéopathique (Vienne, Martin et Ternet, 1932 ; Peyronnet 2/1955) ; et le Traité de matière médicale homéopathique (Baillière, 1948 ; 3/1985). Très apprécié de ses patients et de ses collègues, il est le médecin de famille de P. Schmidt* qui lui rend un hommage, à Lyon, en 1968. Lors de sa lecture de L’Organon de S. Hahnemann, il note dans son journal : “ Je viens de trouver mon chemin de Damas. Mon désir sera de ne plus le quitter. ”

(Acte naiss. ; Ann. homéop. franç., 1968, 8, p. 658-661, phot. ; Cah. group. hahn., 1968, 6, p. 233-235 ; J. Boiron, Notes sur l’histoire de la Société rhodanienne d’homéopathie (1905-1970), polycopié, 1994.) A. S.

FRANÇOIS, Jean-Claude (Tournai, Belgique, 4 mars 1923 - Clermont-Ferrand, 4 mars 1984)

Après son baccalauréat passé à Bordeaux en juin 1940, il s’inscrit à la faculté de médecine de Clermont-Ferrand et, dans le même temps, participe activement d’abord à la Résistance, puis à la Libération du territoire français. Externe des hôpitaux (1947), il obtient le certificat d’hydrologie et soutient une thèse de doctorat à l’université de Toulouse (1949). Il s’installe ensuite à Dompierre-sur-Besbre (Allier). Par l’intermédiaire de Jean Chabard et de cours suivis par correspondance auprès du CHF, il étudie l’homéopathie. Il fonde l’Association hahnemannienne du Centre (1959) et l’École d’homéopathie de Clermont-Ferrand (1966). Par ses fonctions de responsable il est, par deux fois, président de la FNSMHF. Vice-président de l’INHF (1983) et délégué régional du SNMHF, il participe également à la création du “ Groupe H ”, cercle de réflexion. Pour améliorer la pédagogie homéopathique, il écrit un ouvrage original d’enseignement Éléments d’étude de l’homéopathie (Moulins, SCRID) dont le tome I s’intitule Principe et Application (1979) et le tome II, Squelettes de matière médicale (1983). Son ambition fut, aux dires de son épouse, d’agir afin que “ l’homéopathie mérite de prendre le rang qui est le sien dans une médecine humanisée, d’être comprise par le plus grand nombre, apprise par le corps médical, approfondie par les chercheurs et les praticiens, respectée par tous ”.     

(Ann. homéop. franç., 1984, 2, p. 53, phot. ; Homéop. franç., 1984, 2, p. 267-268, phot. ; Bull. SNMHF, 1984, 2, p. 9.) A. S.

GUILLAUME, Michel (n. Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine, 10 oct. 1921 -14 mai 2014)

Diplômé de la faculté de médecine de Paris en 1948, il exerce à Suresnes et participe comme enseignant au CHF (1950-1956) puis devient chargé de cours du Centre Saint-Augustin de l’INHF (1960-1987). Son enseignement est autant magistral que pratique puisqu’il assure une consultation au dispensaire Hahnemann (1952-1956) puis au dispensaire Saint-Augustin (1970-1976). Il publie aux éditions Doin : Les Lombo-sciatiques (1955) et collabore, avec R. Zissu*, aux Fiches de matière médicale homéopathique (1973 ; Boiron, 3/1999) et au Manuel de médecine homéopathique (1974 ; Boiron, 4/2002.) A. S.

HODIAMONT, Georges (Verviers, Belgique, 2 août 1906 - Bruxelles, 29 mars 1984)

Fils d’un médecin dont il poursuit la tradition à Liège, il se spécialise en ophtalmologie à la faculté de médecine de Strasbourg. En 1940, il se réfugie en France et fait la connaissance de Paul Nogier. Cette rencontre est suivie, à la même époque, de celle avec J. Boiron*, puis de L. Vannier*. À son retour en Belgique, en 1945, il établit son cabinet à Bruxelles et, de 1946 à 1958, avec son épouse, également médecin homéopathe, il ouvre le dispensaire Putseys sur la demande du président de la commission de l’Assistance publique. Il publie Homéopathie et Physiologie, leurs relations (Baillière, 1949 ; Similia, 1983) ; Remèdes végétaux en homéopathie (Baillière, 1952) qui est réédité sous l’intitulé La Matière médicale et les Remèdes végétaux (Similia, 1986) ; Venins et Remèdes du règne animal en homéopathie (1957 ; Similia, 1984) ; Conseils aux malades qui se soignent par l’homéopathie (1959) ; Nouvelles études d’homéopathie (1960 ; Similia, 1984) et Plantes médicinales en homéopathie (s. d.). De plus il traduit certains textes de J. T. Kent*. Pour lui “ un remède qui guérit est un grand remède ”, ce qui l’incite à étudier toute la matière médicale et à la comprendre par la physiologie appliquée à son étude.            

(Rev. belge homœop., 1984, 3, p. 175 ; Rev. belge homœop., 1999, 2, p. 30.) A. S.

HORVILLEUR, Alain (n. Paris, 14 mai 1939 – Lyon, 29 mars 2013) 37

Devenu orphelin à la suite de la « rafle du vélodrome d’hiver », à Paris, il est adopté par ses cousins Horvilleur dont il prendra le nom de famille. Diplômé de la faculté de médecine de Lyon en 1965, il est l’élève de Louis Allouard et Ch. Rousson*. Installé depuis 1965 au centre de Lyon, il exerce la médecine homéopathique. À son tour il devient chargé de cours aux facultés de médecine et de pharmacie (Lyon, Montpellier et Toulouse). Il dispose d’une consultation à l’hôpital Saint-Luc de Lyon et préside, en 1985, la SRhH et la FNSMHF. En 1987 il fonde l’Organisation médicale homéopathique internationale. Il met sur pied les Entretiens internationaux de Monaco en 1990 et 1997 ; il donne également des conférences à l’étranger (Italie, Afrique du Sud, Brésil, New York, Israel, Quebec). Il préside l’Association des auteurs et écrivains lyonnais, il publiera l’Almanach du Garde-mots (Jacques André), ouvrages  dans lequels il délivre des définitions originales de la sématique française, ceci pendant 3 années (2009, 2010 et 2011).Ce désir d’écriture associé à l’homéopathie l’incite à devenir l’un des auteurs des plus féconds et connus internationalement. Nous pouvons citer

Vous ne pouvez plus ignorer l’homéopathie (Camugli, 1975, 2/1976) ; Cent un conseils pour vous soigner en homéopathie (Hachette, 1977) ; L’Homéopathie et son avenir (Camugli, 1977) ; Guide familial de l’homéopathie (Hachette, 1981 ; 2/2002) ; L’Homéopathie pour mes enfants (Hachette, 1983 ; 2/2002) ; Idées reçues sur l’homéopathie (Hachette, 1992) ; aux Éditions  du Rocher, Homéopathie, la médecine de mes semblables (1988) et Homéopathie : action immédiate ! 200 recettes d'automédication (2011) ; avec R. Boyer*, Se soigner pendant la grossesse (1990) ; Soigner vos maux de tête (1990) ; Soignez votre spasmophilie (1990) ; Soignez vos rhumatismes (1995). Puis dans d’autres éditions, il publie Le Grand Livre de l’homéopathie (les créations du Pélican, 1996). L’Homéopathie, 100 questions-100 réponses pour en tirer le meilleur (La Plage, 2000) ; L’Homéopathie, l’essentiel pour bien se soigner (Aedis, 2001) ; Se soigner par l’homéopathie (2007) ; Ce qui marche, ce qui ne marche pas en homéopathie (Ed. J. Lyon, 2003).

Aux éditions Marco Pietteur dont il devient directeur de la collection, il publie Parle-moi de tes symptomes... je te guérirai ; la Consultation homéopathique gagnant ; et avec Ronald Boyer : Rhumatismes et homéopathie (2006) ; Fleurs de Bach et homéopathie (2007); Spasmophilie et homéopathie (2007); L’Homéopathie pour ma grossesse (2009) ; Maux de tête et homéopathie 2007; Hypersensibilité chimique multiple. L’homéopathie pour se protéger des produits chimiques qui nous entourent (2011).

Il a enregistré également des logiciels, l’un grand publimultimédia  Homéopathie ” (1998) et deux professionnesl l  MacRepertory (Traduction du Répertoire de Kent) et AideHoméo (SAIMA).

Pour les ouvrages destinés aux professionnels de l’homéopathie, il rédige Matière médicale homéopathique pour la pratique quotidienne (Camugli, 1979 ; Marco Pietteur, 2010) ; Petite encyclopédie homéopathique (1984 ; Maloine, 3/1996)) ; La prescription en homéopathie (Maloine, 1990 ; Vigot, 2/2003) ; Stratégies en homéopathie, objectif : simillimum (Maloine, 1995) ; Guide pratique pour la communication médecin-patient en homéopathie (MMI, 1999) ; Répertoire de la matière médicale de Kent - traduction de la 3e édition américaine, 1916 (Maloine, 1992, enrichi d’un thesaurus, MMI, 2/2001 ; Elsevier-Masson, 3/2008) ; Le Vademcum de la prescription en homéopathie (MMI, 2000 ; Elsevier-Masson, 2011) ; Un avant sa disparition, il publie un ouvrage collégial qu’il coordonne  avec Frédéric Rérolle et Charles André Pigeot, Homéopathie, connaissances et perspectives (Elsevier-Masson, 2012)

Il nous lègue une collection importante et revendiquait cette double appartenance, au corps médical et au monde littéraire qu’il exprimait ainsi : “ je suis un homme de l’être ”, ce qui s’est reraduit par des poèmes sous le pseudonyme . A. S.

Sarembaud A. Alain Horvilleur, un des piliers de l’homéopathie française,  disparaît. La Revue d’homéopathe 2013 ; 4 ; 2 : 69 ; Hommage à Alain Horvilleur, Association Promotion de la médecine homéopathique, lettre n°67, 29 mars 2013

HUI BON HOA, Jacques (n. Saïgon, Viêt-Nam, 1935)

Docteur en médecine de la faculté de Bordeaux (1958), il devient un adepte de la recherche du traitement homéopathique par l'utilisation du répertoire de Kent. Il rédige des articles qui paraissent dans les Annales homéopathiques françaises (1965-68) et plusieurs autres revues (British homœopathic journal, Dentaria acta, etc.). S’agissant de ses livres, il publie un Précis de technique répertoriale homéopathique de Kent (Coquemard, 1963) et Les Nosodes intestinaux (Coquemard, 1966) ; puis à Nîmes, en 1978, il fait paraître un Recueil des publications du Dr J. Hui-Bon-Hoa et Laps de temps nécessaire pour pouvoir juger de l’exactitude de la prescription (Publication du groupe Mercurius, 1978). A. S.

ILIOVICI, Émile ( ? 25 mai 1905 - Paris, 20 août 1993)

D’une famille roumaine cultivée (son père est couronné d’un grand prix de physique de l’Académie des sciences), il opte pour les études médicales : externe des hôpitaux de Paris, thèse en 1932, est qualifié en médecine interne. Il étudie l’homéopathie via le CHFdont il devient secrétaire général et membre du conseil d’administration du Syndicat national des médecins homéopathes français. En désaccord avec la disparition de certains nosodes (biothérapiques) et la suppression des dilutions korsakoviennes, il plaide seul contre l’administration devant la première chambre civile. Il participe ensuite à l’enseignement donné par la Société médicale de biothérapie. Il rédige d’abord, avec L. Vannier*, L’Homœopathie sans peine (Doin, 1953 ; M.Pietteur, ) puis, avec Aimé Bénillouz, Homéopathie et Art dentaire. Applications pratiques (Étampes, impr. Esrip, 1960). (Cah. biothér., 1989, 102, p. 71-72, phot. ; Cah. biothér., 1993, 124, p. 3-4, phot. ; J. homéop., 1993, 9, p. 4.) A. S.

JAGERSCHMIDT, Guy (n. Paris, 20 avr. 1928 -14 août 2017) 38

Après son externat et son internat des hôpitaux privés de Paris, il soutient sa thèse et obtient son certificat d'enseignement spécialisé en pédiatrie. Assistant dans cette spécialité de l'hôpital Saint-Michel, il ouvre également à Paris, en 1960, un cabinet de pédiatrie. Il apprend l'homéopathie au CHF dont il devient chargé de cours. Il participe activement au Groupement des pédiatres homéopathes d'expression française. S'agissant de ses écrits, certains sont publiés dans L'Homéopathie française et L'Homéopathie européenne, d'autres dans les deux volumes de Homéopathie - le traité de l'Encyclopédie des médecines naturelles (Frison-Roche, 1995). Avec M. Deltombe* il rédige aux éditions Similia : Abrégé de la Matière médicale du tout-petit (1994) et Le tout-petit et l'homéopathie (2000). A. S.

JARRICOT, Jean-Marie-Claude-Ennemond (St-Genis-Laval, Rhône, 14 juillet 1877 - Lyon, 10 novembre 1962)

Avant la soutenance de sa thèse de docteur en médecine à la faculté de Lyon (1909), il se passionne pour l’anthropologie et publie L’Anthropogénie mosaïque et l’exégèse positive (1901), Notes sur un cas de pseudo-hermaphrodisme (1903), Recherches anthropologiques sur le crâne et le bassin (1907), Contributions à l’étude de la craniométrie (1907), ce qu’il continue avec L’Enfant, fossile humain (Extrait de la biologie médicale, 1936). Il s’installe à Lyon comme médecin généraliste intéressé par toute méthode respectant la personne. Il fait la rencontre de René Quinton, scientifique atypique et promoteur de l’utilisation médicale et injectable de l’eau de mer ; celui-ci épouse la sœur de Jean Jarricot. Il publie Le Dispensaire marin, un organisme nouveau de puériculture (1925) et Quinton, l’eau de mer et l’homéopathie (Propagateur de l’homéopathie, 1935). Il utilise autant l’allopathie que l’homéopathie et veut proposer des réponses claires sur son choix. C’est pourquoi, avec H. Duprat*, il publie La Position scientifique de l’homéopathie (1938), et sous sa seule signature, Hahnemanisme et infinitésimal (1938), Homéopathica, recherches expérimentales et controverses sur des problèmes de l’homéopathie (1939), prolongement de ses articles parus dans Le Propagateur de l’Homéopathie, Les Actes de la Société rhodanienne d’homéopathie et La Revue Française d’homéopathie. Pendant l’occupation son troisième fils, François Jarricot, interne des hôpitaux de Lyon, rejoint un réseau de Résistance. Il lui déclare alors : “ Je te remercie de faire ce que l’âge m’interdit de faire aujourd’hui ”. Ensuite, avec Pierre d’Espiney, il publie Trois lettres inédites de Samuel Hahnemann (SRhH, 1950). Il écrit sans complaisance ni intolérance sur la radiesthésie Pendule et Médecine, étude critique et expérimentale des techniques et des théories de la radiesthésie médicale (Doin, 1949), La Radiesthésie (1959). Pour lui, “ si un radiesthésiste n’est pas doué d’un sixième sens, son pendule ne lui sert à rien… ”. Dans cette période il participe également à la polémique sur les dilutions avec État actuel de la question des korsakoviennes (1955) et à l’organisation des congrès de la FNSMHF et de l’Union française dont il publie les actes avec son fils aîné, Henri Jarricot (Tours et Paris, 1955 ; Évian, 1958). Vers la fin de son existence, il étudie les mathématiques avec les plus grands noms dont le Pr De Broglie. Ce médecin homéopathe, titré et officier de la Légion d’honneur, est l’un des propagateurs lyonnais d’une homéopathie réconciliée avec le monde.

(Acte décès ; Ann. homéop. franç., 1962, 3, p. 238-240.) A. S.

JOANNON, Pierre (Marseille, 13 mars 1894 - 10 janv. 1965

Médecin des tranchées durant la guerre de 1914-1918, il réussit ensuite le cursus médical et devient professeur de médecine de la faculté de Paris (hygiène et médecine préventive et sociale). Cette orientation particulière et un esprit d’ouverture l’incitent à créer d’une part un enseignement universitaire d’hygiène mentale et d’autre part un cercle d’études des thérapeutiques apprises en dehors des facultés de médecine dont l’homéopathie. Il devient, dès 1929, l’ami de L. Vannier* puis président d’honneur du CHF. Il passe outre les remarques désobligeantes de ses collègues et résume sa démarche dans un ouvrage Et, ce qu’est et ce que peut l’étisme (Peyronnet, 1952). Ce néologisme d’“ étisme ” vient du terme “ et ” et signifie, pour lui, l’éclectisme contre le “ rien que ” du sectarisme. Son élève et ami, J. P. Ruasse* relate que cet homme concluait ses cours aux futurs médecins par la phrase suivante : “ C’est sur ce trépied : probité, curiosité, amitié, que vous devez construire votre pratique médicale. ”

(Nécro. par P. Vannier, Homéop. franç., 1965, 3, p. 131.) A. S.

JOLY, Pierre (Bonnefond, Hautes-Pyrénées, 13 juil. 1928 - Nice, 11 avr. 1992)

Patient du médecin homéopathe J. Séval* pendant son adolescence, il accomplit des études médicales qu’il complète par l’enseignement du CHFet de celui de D. Demarque* à Bordeaux. Il rejoint celui-ci en 1972, lors de la création du Centre d’études et de documentation homéopathiques. Célèbre par son sens pédagogique et son humour, il donne ses cours au sein de la faculté de médecine de Toulouse. Succédant à D. Demarque* il devient rédacteur en chef (1970-1983) des Annales homéopathiques françaises puis fonde la revue Homéopathie (1984-1992). Outre ses nombreux articles et ses éditoriaux très souvent caustiques, il assure la direction des deux tomes consacrés à l’homéopathie dans l’Encyclopédie Médico-Chirurgicale dans laquelle il écrit aussi de nombreux articles. Il rédige La Consultation homéopathique (CEDH, 1976) qui s’intègre dans un ouvrage commun avec D. Demarque*, Étudier l’homéopathie (CEDH, 1985) et Concordances homéopathiques (1980, 2/1989). Il participe aux ouvrages collectifs édités par le CEDHdont la série “ Pratique homéopathique en… ” (urologie, gériatrie, gynécologie, médecine infantile, rhumatologie, etc.). Il réalise la première édition française de la Matière médicale homéopathique de J. T. Kent* (Ann. homéop. franç., 1976) et assure quatre éditions jusqu'en 1992 (PMJ - J. & D.). Il édite également la traduction des Children’s types de Douglas Borland (P.M.J., 1986).   

(Nice matin, 18 avr. 1992 ; Homéop., 1992, 2, 3-5 ; Homéop., 1992, 3.) A. S.

JOLY, Thierry (Paris, 15 mai 1947 - Paris, 21 nov. 2001)

Reçu à l’École nationale supérieure de chimie de Paris et à celle du groupe France-Sud (1965), il opte finalement pour la faculté de médecine de Paris. Nommé médecin interne des hôpitaux privés de Paris (1972), il s’oriente vers la pédiatrie qu’il exerce de façon exclusive d’abord, en 1974, à l’hôpital puis, en 1979, en pratique libérale. La thèse de doctorat en médecine lui vaut une médaille d’argent (1978). Il suit alors l’enseignement du CHF (1983) jusqu’à obtenir le diplôme de l’École française d’homéopathie (1987). Adhérent du Groupement des pédiatres homéopathes d’expression française, il assure également des consultations, d’abord à La Courneuve, puis à Paris, dans le cadre de la protection maternelle et infantile (1976-1990). Il crée, en 1990, une consultation hospitalière de pédiatrie homéopathique dans le service de pédiatrie de l’hôpital Notre-Dame du perpétuel secours à Levallois-Perret. Parallèlement il anime le groupe de formation médicale continue en homéopathie “ Homéopathie et Enfance ” à partir de 1990 et participe à l’enseignement, notamment dans le cadre du CEDH à partir de 1991. Nommé, en 1996, expert auprès de la commission de la transparence à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, il est, la même année, élu membre du bureau du SNMHF. Son premier livre, Les Mille premiers jours de la vie, paru en 1986 aux éditions Hachette-Parents, écrit en collaboration avec le pédiatre Michel Massonnaud, est un ouvrage de puériculture classique. En revanche le deuxième, rédigé en 1987 dans des conditions identiques, Les Maladies de l’enfant, met en parallèle les traitements allopathiques et homéopathiques ; réédité sous l'intitulé Guide santé de mon enfant (Hachette pratique, 2003). Il est réédité sous le titre de Manuel pratique de la santé de votre enfant (1997). Puis paraissent, chez Hachette-Similia, Homéo-bébé (1991, 2/2001) ; Homéo-enfant (1994, 2/2001) ; Homéo-ado (1998) et un ouvrage plus polémique, Parents, si vous saviez, les colères d’un pédiatre (Éditions n° 1, 1996 ; Marabout, 1998). À côté de ces différents textes, il a collaboré à deux ouvrages collectifs Médecine douce, Médecine moderne (1995) et Devenir parent aujourd’hui (1999). Il participe à de nombreuses émissions radiophoniques et télévisées, ainsi qu’à des articles dans la presse tant professionnelle que grand public en vue de rendre toujours plus accessible l’homéopathie au plus grand nombre et de lui donner la place qu’elle mérite au sein de la médecine moderne. Sa fonction de porte-parole du Syndicat national des médecins homéopathes français auprès des médias, appréciée du public et des médias, renforce la sympathie de la profession jusqu’à ses derniers instants. La dernière année de son existence il publie Le Grand livre Hachette de l’homéopathie (Hachette, 2001).

(Homéop. europ., 2002, 1, p. 23.) A. S.

JOUANNY, Jacques (n. Paris, 27 janv. 1927 - le 14 février 2023 à Champis)

Il est d'abord médecin interne de l'hôpital Saint-Michel à Paris (1949-1951) puis, après le concours en 1951, des hôpitaux régionaux de Lyon. Il soutient sa thèse à la faculté de médecine de Paris (1952) et s'installe comme médecin généraliste à Valence. Il s'intéresse à l'homéopathie vers 1960, mais déçu par ses premiers contacts avec le milieu homéopathique il renonce momentanément. Cependant en 1965 il rencontre C. Rousson* et J. Boiron* qui l'invitent à s'inscrire à l'École française d'homéopathie dont il est reçu major en 1968, puis il devient attaché de l'hôpital Saint-Luc à Lyon (1968-1980). En 1972, avec D. Demarque*, M. Aubin*, P. Joly*, P. Picard* et l'appui des Laboratoires Boiron et des Laboratoires homéopathiques de France, il fonde le CEDH. Responsable du Centre d'enseignement homéopathique de Lyon en 1969, il rattache ce dernier à une structure nationale à partir de 1978. Chargé de cours (1980-1992) à la faculté de pharmacie de Lyon (attestation d'homéopathie), il organise également des filiales d'enseignement à l’étranger. Conseiller médical des laboratoires Boiron dès 1973, il publie aux éditions Boiron, Iconographie des remèdes de la peau (1973) ; Notions de thérapeutique homéopathique appliquées aux traitements des acnés et des verrues (1974) ; Notions essentielles de Matière médicale homéopathique (1975) ; Notions essentielles de thérapeutique homéopathique (1976) ; Contribution à l'Étude de la fiabilité des pathogénésies (1980). Avec D. Demarque*, P. Joly*, M. Aubin*, Y. Saint-Jean*, il participe à la publication des Monographies du CEDH : Pratique homéopathique en pédiatrie (1980), en gériatrie, en rhumatologie (1974, 2/1981), en gastro-entérologie, en gynécologie, urologie) ; il contribue à celle des Concordances homéopathiques (t. I et II). Avec J.-B. Crapanne*, H. Dancer* et J.-L. Masson*, il publie  Notions essentielles de Matière médicale homéopathique (1976, 4/1991) ; Thérapeutique Homéopathique. Possibilités en pathologie aiguë (t. I, 1986 ; 3/2003) ; Possibilités en pathologie chronique (t. II, 1988 ; 4/2003). Enfin, en collaboration avec D. Demarque*, Y. Saint-Jean* et B. Poitevin*, il fait paraître Pharmacologie et Matière médicale homéopathique (1990, 4/2000). Invité au congrès à Valence, en 2016, de la FNSMHF, il développe son attachement à la homéopathie clinique et publie, à compte d’auteur, Souvenirs d’un généraliste de province (2013) qui rééditera sous l’intitulé Souvenirs d’un généraliste devenu homéopathe (2015). A. S

JULIAN, Othon-André (Stuttgart, Allemagne, 18 juin 1910 - Paris, 14 mars 1984)

Esprit brillant et curieux de tout, il entreprend une cure analytique avec Sigmund Freud à Vienne. En 1934, après la soutenance de sa thèse pour le doctorat en médecine à la faculté de Strasbourg, il préfère, plutôt que d’opter pour la neurologie, s’installer l’année suivante en Normandie, à Beaumesnil, comme médecin de campagne. C’est d’ailleurs à la fin de ses études qu’il découvre l’homéopathie, lors d’un remplacement, avant de faire la connaissance à Paris de Maurice Delpech, un pharmacien homéopathe. Ce dernier lui conseille de devenir médecin et propharmacien homéopathe. Engagé volontaire dès le début des hostilités, il est démobilisé en 1940 et va participer activement à la Résistance dans le Lot-et-Garonne. Arrêté une première fois en 1942, lors de l’occupation de la zone Sud, il est libéré et s’expatrie avec sa famille en Suisse où il est interné dans un camp de réfugiés juifs. À la Libération de la France, il retrouve sa maison dévastée et il doit se réinstaller. D’ailleurs, entre-temps, un autre médecin s’est installé dans son village. Six mois plus tard il recouvre la plupart de ses patients. À partir de ce moment il étudie la matière médicale homéopathique et d’autres thérapeutiques alternatives (acupuncture, vertébrothérapie). Le 8 mai 1955 il fonde, avec H. Vannier*, la Société homéopathique de Normandie. Il assure la rédaction des Archives homéopathiques de Normandie. En 1959 il s’établit à Paris. En 1963 il participe à la création de la Société médicale de biothérapie et de gemmothérapie dont le but est “ d’étudier et de coordonner les thérapies complémentaires dans le concept général du système médical homéopathique ” ; elle devient, en 1975, la Société médicale de biothérapie. Cette société dispose, dès 1964, d’une revue Cahiers de biothérapie dont il assure la rédaction jusqu’à son décès. Dans le même temps, de 1963 à 1965, le professeur Baruk lui ouvre son laboratoire de psychopathologie expérimentale ; ce qui lui permet de vérifier les effets de la réserpine et de Cicuta virosa. Il va élaborer dix-huit nouvelles pathogénésies. En 1971 il débute un cycle d’enseignement homéopathique avec l’appui des Laboratoires Dolisos et de plusieurs collègues. En 1975 il cède à M. Tétau* la présidence de la SMB. Amateur d’art et adepte du matérialisme dialectique, il va concevoir une approche originale de l’homéopathie, la “ concrétologie contradictoire moniste ” qu’il explicite dans les nombreux articles et communications de même que dans les ouvrages qu’il publie tels Recherches théoriques et pratiques en Homéopathie (Peyronnet et Maloine, t.1, 1956) ; Études homéopathiques. Cliniques et Thérapeutiques (Peyronnet, 1958, 2 t., 1961) ; Biothérapiques et Nosodes (Maloine, 1962) ; Matière médicale d’homéothérapie (Peyronnet, 1971) ; Prévention et Traitement bio-homéothérapique des complications vaccinales (Le François, 1973) ; Nouvelles recherches théoriques et pratiques en homéopathie, suivies de brèves réflexions en acupuncture (Le François, 1973) ; Homéopathie t.1, in Santé et médecines naturelles (Les Presses médicales européennes, 1976) ; Traité de micro-immunothérapie dynamisée (Le François, 1977 ; M. Pietteur, 2/1999) ; Pathogénésie cinétique homéopathique (Le François, 1979) ; Dictionnaire de Matière médicale homéopathique. Les Cent trente nouveaux homéothérapiques (Masson, 1981); L’Homéopathie dans les urgences médicales (Baillière & E.-M. Inter, 1982 ; 3/2002, M. Pietteur). En collaboration avec son disciple et ami, M. Haffen*, il rédige Petites cliniques homéo-biothérapiques (Le François, 1979) ; Homéopathie (Masson, 1981) ; Nouvelles Études de clinique homéobiothérapiques (Baillière & E.-M. Inter, 1982) et Homéopathie et Terrain (Lehning, 1984). Fidèle aux convictions de sa jeunesse, proches de celles de Spinoza et de Marx, il est incinéré dans un linceul rouge pendant que retentit la musique de l’Internationale communiste. Le 31 mai 1988, son épouse et fidèle collaboratrice décède à son tour.

(Acte décès ; Homéop., 1984, 1, 3, p. 50-52, phot. ; Cah. biothér., 1984, 83, p. 13-15 ; Cah. biothér., 1994, 129, p. 13-15.) A. S.

LATHOUD, Joseph-Amédée (Chambéry, 3 oct. 1882 - mai 1944

Il entreprend des études médicales à la faculté de médecine de Grenoble, puis les poursuit à Lyon où il effectue l’externat puis l’internat. Il y soutient sa thèse de doctorat en 1909 et rejoint Chambéry en vue de travailler dans une clinique d’obstétrique. Son amitié avec Jules Gailhard l’incite à lire les ouvrages de matière médicale homéopathique. La mobilisation de 1914 l’envoie sur le front comme médecin aide-major. Son dévouement lui vaut la croix de guerre qui sera complétée par la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Après l’armistice, il s’installe à Lyon en tant que médecin homéopathe et succède ainsi à Jules Gallavardin* tant dans la Société des médecins homéopathes de la Suisse romande et du Sud-Est de la France que pour la publication du Propagateur de l’homœopathie. Aidé par R. Baudry*, A. Nebel* et H. Duprat*, il crée une équipe qui donne, après 1924, une nouvelle page à l’histoire de l’homéopathie lyonnaise. Porté par ses activités et encouragé par R. Baudry*, il rédige un ouvrage magistral, en trois volumes, préfacé par H. Duprat*, Études de matière médicale homéopathique (Martin et Ternet, 1932 ; Boiron, 3/1991).

(Cah. homéop. thér. comp., 1946, 1, p. 125-128 ; Ann. homéop. franç., 1967 ; 5, p. 449.) A. S.

LE ROUX, Patricia (n. Lyon, 16 sept. 1958 – Paris, 15 oct. 2011) 43

D’une mère écossaise et d’un père italien, elle acquiert le don de la communication en diverses langues et choisit les études de médecine à la faculté de médecine de  Marseille : thèse pour le doctorat (1983), certificats d’études spéciales de médecine du travail (1985), de pédiatrie et puériculture (1988). Dans ce cadre universitaire, elle obtient le diplôme d’homéopathie (1995) puis le diplôme d’éthique médicale, formation créée par le professeur Jean-François Mattei. Installée comme généraliste dans la capitale phocéenne (1991), elle exerce ensuite dans un cabinet de pédiatrie homéopathique (1995). Depuis 1998 elle représente les médecins homéopathes français : elle devient secrétaire générale du Comité européen pour l’homéopathie, vice-présidente du SNMHF et chargée de la Commission “ Éthique-Europe ” dans le cadre de l’Espace éthique méditerranéen. Elle publie en langue française, avec traduction d’autres langues, dans les éditions Publibook Homéo et Juliette (2003), L’énergie  homéo-hydrogène (2004), Métaux en homéopathie (2006), Les papillons (2009). Malheureusement, à Paris, elle est victime d’un chauffard, son rêve s’arrête. « Patricia Le Roux état d’abord une musicienne, elle construisait sa vie et son œuvre comme Beethoven ses symphonies… C’est dans un mouvement de presto, alors qu’elle était pleine d’idées nouvelles et de projets professionnels, que la mort est venue la saisir brutalement » ainsi s’exprima l’un des responsables effondrés de l’homéopathie française, Fr. Gassin, devant cet accident de la voie publique (Jeulin-Flamme D ., Peyrefitte F ., Deswarte D, Sarembaud A ; Disparition du docteur Patricia Le Roux, les médecins homéopathes sont en deuil. La Revue d’homéopathie, vol. 2, 4 :156 ; Gassin F ; Le docteur Patricia Le Roux, une symphonie inachevée. La Revue d’homéopathie, vol. 2, 4 :157 ;Poitevin B. Hommage de Martien Brands à Patricia Le Roux. La Rev. Homéop. 2014, 5 :82).     A. S.

MARTINY, Marcel (Nice, 11 nov. 1897 - Nice, 16 sept. 1982)

Docteur en médecine à la faculté de Paris (1925) et passionné par la typologie humaine, il devient enseignant à l’École d’anthropologie. Il publie La Biotypologie humaine et orthogénésique, sa première application clinique et médico-sociale (Masson, 1930) ; Les Frontières de l’homœopathie (Thiron, 1931) ; D’Annunzio et la médecine (Masson, 1938) ; Essai de biotypologie humaine (Peyronnet, 1948) ; Hippocrate et la médecine (Fayard, 1964). Directeur de la Revue des sciences de l’homme et de leurs applications pratiques, il participe à la rédaction du Traité de médecine biotypologique (Doin, 1955) et préface de nombreux ouvrages de médecins homéopathes dont ceux de M. Fortier-Bernoville*, L. Renard* et P. Kollitsch*. Avec son épouse Thérèse Martiny, médecin et enseignante en homéopathie, et Jeanne-Gertrude Montlaur il collabore, à partir de la deuxième édition (1939), à la publication du livre de Germaine Blechmann : Maladies des nourrissons et des enfants (1926, Doin, 6/1949). Directeur de l’Institut de métapsychique de Paris, il organise les congrès de médecine néo-hippocratique, y rencontre personnalités et médecins homéopathes (1937 ; 1953) dont L. Vannier* qui le conforte dans sa réflexion sur la tradition hippocratique.

(Act. Soc. rhod. homéop., 1953, 2, p. 104.) A. S.

MASSON, Jean-Louis (n. Lyon, 20 mars 1949 – juillet 2023)

Il obtient son doctorat en médecine en 1976 à la faculté de Lyon après avoir soutenu une thèse sur Les Localisations anatomiques de l’âme à travers l’histoire. Il apprend l’homéopathie au Centre homéopathique lyonnais (affilié à l’INHF) dans lequel il devient l’élève de Jacques Jouanny*. Dès son diplôme (1977), il participe à l’enseignement de cette école. Son exercice de médecin homéopathe débute la même année à Écully. En 1978, il est élu secrétaire général du Centre d’enseignement de l’homéopathie à Lyon. En 1980 il est nommé à l’hôpital Saint-Luc pour assurer une consultation hebdomadaire d’homéopathie et, de 1998 à , une autre dans le service d’hépato-gastro-entérologie du Pr Christian Trepo à l’hôtel-Dieu de Lyon. Administrateur du SNMHF (1978-2008), il est devenu l’un des dirigeants de la SRhH dont devient le président en 2002 et l’organisateur du congrès national en Avignon (2003) sur le thème : “ Médecin homéopathe, identité et présence ”. Il est l’un des rédacteurs, pour les éditions Boiron, de Thérapeutique homéopathique, Possibilités en pathologie aiguë (t. I, 1986 ; 3/2003) et Possibilités en pathologie chronique (t. II, 1988 ; 4/2003). Il publie L'Homéopathie de A à Z (Marabout, 2003). A. S.

MATTOS, Léa de (Rio de Janeiro, Brésil, 4 nov. 1908 - Paris, 6 févr. 1989)

Fille du médecin brésilien Eugène de Mattos et d’une mère française, elle apparaît capable de mener autant une carrière artistique que médicale. Elle est diplômée de la faculté de médecine de Paris (1936), l’année de son mariage avec le violoniste Henri Manresa. Elle exerce la gynécologie d’abord à Paris, puis à La Baule. Lors de la seconde guerre mondiale elle rencontre, à Alger, le médecin homéopathe Henri Azam (1894-1976). Une fois réinstallée à Paris, elle est reçue par F. Lamasson*, alors secrétaire général du CHF, qui l’inscrit, en 1946, dans cette école. L. Vannier* lui décerne, en 1949, son diplôme d’homéopathe et lui demande d’assurer une consultation hebdomadaire de gynécologie au dispensaire Hahnemann. Dès 1954 elle représente les homéopathes français et elle assume la fonction de secrétaire général au Congrès mondial d’homéopathie organisé à Rio de Janeiro. Grâce à ses rencontres internationales, elle fait la connaissance de P. Schmidt* dont elle va suivre l’enseignement à Lyon et à Genève. En 1983, au Congrès international de la LMHI à Vienne, elle expose la pathogénésie de Folliculinum, devenu depuis, un médicament homéopathique essentiel des troubles menstruels. Le professeur Merger lui propose une consultation hospitalière de gynécologie homéopathique dans son service de l'hôpital de Saint-Antoine (1960-1970). Par ailleurs, É. Iliovici* et R. Zissu* l’incitent à jouer un rôle majeur dans la pédagogie de l’homéopathie. En 1961 elle devient secrétaire générale du CHF et reste une amie fidèle de L. Vannier* et de P. Schmidt*. Elle plaide ardemment pour la nécessité “ d’être unis pour sauvegarder l’avenir de l’homéopathie ”. C’est pourquoi en 1964, assumant la fonction de directrice d’enseignement du CHF, elle crée, avec R. Zissu président de l’INHF et M. Plazy* président du SNMHF, l’École française d’homéopathie avec un programme identique aboutissant à un diplôme unique. Outre des articles, elle a publié Le Prurit vulvaire (Doin, 1955) ; Les Troubles de la ménopause (Doin, 1957) ; Pathogénésie des œstrogènes, Folliculinum (LHF, 1977) et Gynécologie homœopathique pratique (Doin, 1964 ; 2/1978 ; 3/1987) ; La Prescription homéopathique (Doin, 1984) ; Homéopathie et Eugénisme (Similia, 1988). Mais sa personnalité et ses écrits ont incité des gynécologques et des sages-femmes à s’impliquer dans une thérapeutique homéopathique adaptée à la femme et à la grossesse.

(Acte décès ; Homéop. franç., 1989, 2, p. 68 ; Cah. biothér., 1989, 91, p. 15-23, phot. ; Cah. group. hahn., 1989, 6, p. 239.) A. S.

MAURY, Emmerick-Adrien (Labastide-Rouairoux, Tarn, 22 juil. 1902 - Grasse, Alpes-Maritimes, 26 juil. 1990)

Après son doctorat en médecine soutenu à la faculté de Paris (1928), il s’intéresse à l’homéopathie et publie Homéopathie expérimentale. Le Gingko Biloba (Maloine, 1933) ; Guide homéopathique préfacé par L. Vannier* (Larousse, 1935) ; La Phlébite (Doin, 1938). Puis, avec Marguerite Maury, il fait paraître Radiesthésie et Cancer et Radiesthésie et Médecine (J. Renard, 1943 ; 2/1946). Sa production littéraire est prolixe avec L’Homéopathie en vingt-cinq remèdes (Peyronnet, 1952) ; L’Homéopathie pratique en trente remèdes (Peyronnet, 1973) ; Guide homéopathique du nerveux et de l’insomniaque (Peyronnet, 1973) ; Initiation à l’acupuncture (Éd. du jour, 1973) ; Soignez vos enfants par l’homéopathie (Éd. universelles, 1975) ; Guide homéopathique du troisième âge (Éd. du jour, 1975) ; Supprimez vos rhumatismes (Gamma jeunesse, 1982) ; Guide homéopathique du rhumatisant (Peyronnet, 1960 ; Point du jour, 1978) ; Sels biochimiques et Oligo-éléments (Jean-Pierre Delarge, 1979) ; Les Tisanes du docteur Maury (Gamma jeunesse, 1980) ; Guide homéopathique du vacancier (Éd. universitaires, 1986). Il publie aussi un Dictionnaire familial des médecines naturelles (J. P. Delarge, 1978). Mais on lui doit également plusieurs livres consacrés à l’œnologie thérapeutique : La Bière, un aliment, un remède (C. Corlet, 1981) ; Notre vin quotidien (Éd. universitaires, 1987) et La Médecine par le vin (J’ai lu, 1993), mais surtout sa synthèse en faveur de l’homéopathie, Dictionnaire familial d’homœopathie (1965, Éd. du jour, 2/1978) qui devient Dictionnaire familial d’homéopathie (Gamma jeunesse, 1982 ; Marabout, 1991).

(Acte décès ; J. Homéop., 1991, 29, p. 5.) A. S.

MICHAUD, Jacques (Vincennes, Val-de-Marne, 26 mars 1918 - Paris, 24 avr. 1999)

Diplômé de la faculté de médecine de Paris (1945) et ancien médecin interne des hôpitaux de Paris (1946), il s’engage dans la première armée française où il rencontre Émile Iliovici*. Durant les années suivantes il décide de suivre les enseignements du CHF. À partir de ce moment il s’enthousiasme pour l’homéopathie et devient enseignant de cette école, puis membre de la Société médicale de biothérapie. Par sa fonction il développe le goût de l’écriture et publie une trentaine d’articles dans diverses revues françaises. Ses premiers ouvrages sont Les Bases scientifiques de l’homéopathie (Peyronnet, 1954) puis L’Homéopathie (Denoël, 1957) et Le Vieillissement précoce ou sycose, clinique et thérapeutique (Doin, 1967). Mais c’est avec Pour une médecine différente (Denoël, 1971), plusieurs fois réédité (J’ai Lu, 1975 ; Laffont, 1976) qu’il rencontre son plus grand succès. Il y critique la médecine “ technologique ” et propose une médecine individualisée qui prend appui sur l’homéopathie accompagnée d’une étude du thème astral. Il approfondit sa réflexion avec Médecines ésotériques, médecine de demain (1976, Denoël, 1980) ; Traité de médecine astrologique, une nouvelle dimension de la médecine (Schamans, 1985) ; Médecine et Astrologie (Présence, 1989) ; Guide pratique d’homéopathie familiale (Lettres du Monde, 1989) ; Médecine de demain (Lettres du Monde, 1989) et Cancer et Astrologie (Présence, 1991). En direction des professionnels, il rédige La Fluoro-sycose, une réponse de l’homéopathie aux interrogations du monde moderne (1986, Similia, 1992) dans lequel il donne une interprétation originale des diathèses et surtout Enseignement supérieur d’homéopathie qui constitue une synthèse de sa démarche en trois tomes (1993, Similia, 1999). Son épouse fait paraître un roman posthume Avant que tombe la nuit (Les Lettres du Monde, 2001).

(Cah biothér., 1999, 158, p. 3-4 et 160, p. 73-77.) A. S.

MOUËZY [MOUËZY-EON], Albert-François-Marie (Nantes, 3 mars 1886 - Paris, 4 août 1976)

Pendant ses études de médecine à Paris, L. Vannier* l’encourage à étudier l’homéopathie et, en 1913, il effectue un stage chez A. Nebel*. Après sa thèse (1914) il s’installe à Paris où il exerce jusqu’en 1939 avant de se fixer à Neris-Les-Bains jusqu’en 1944. Après la Libération il ouvre un cabinet médical dans la capitale tout en maintenant sa précédente spécialité en médecine thermale. Connu pour son enseignement à l’hôpital Saint-Jacques, sa consultation à l’hôpital Léopold-Bellan et les nombreux articles (La Revue française d’homéopathie, L’Homéopathie moderne et Les Annales de l’hôpital Saint-Jacques) il préside, en 1934, la SFH. Il publie Les Doctrines de l’homéopathie. Leurs rapports avec la science moderne, suivies d’un formulaire médicamenteux (Éd. médicales, 1923) dans lequel il établit une comparaison entre les concepts de Samuel Hahnemann et ceux de Claude Bernard. En 1924 il fait paraître, aux éditions Vigot, Les Théories électroniques en biologie et, en 1953, Les Médicaments du suicide.

(Acte naiss. ; Ann. homéop. franç., 1976, 6, p. 612-614.) A. S.

MOUILLET, Jean (n. Châlons-sur-Marne, 1er juil. 1945 - 29 mars 2014) 52

Après la soutenance d’une thèse pour le doctorat en médecine à la faculté de Reims (1978), il obtient le certificat d’études spécialisées en oto-rhino-laryngologie (1981) et d’allergologie (1983). Il étudie l’homéopathie au sein de la SMB pendant plus de cinq ans et en est diplômé en 1986. Avec A. Demonceaux*, il crée la Société rémoise d’homéopathie. Il met ses potentialités dans la mise en place d’un diplôme universitaire d’homéopathie au sein de la faculté de médecine de Reims et dans l’enseignement du CEDH. Il collabore à l’ouvrage L’Homéopathie en première intention ; application à l’ORL (Boiron, 1998), faisant suite aux travaux de l’Institut Boiron. Ses conseils, empreints de finesse diagnostique et du sens pédagogique  de médecin homéopathe spécialiste, sont publiés dans les ouvrages édités par le CEDH : L’Homéopathie dans la douleur en ORL (2009) et Homéopathie appliquée à l’immunité (2011).

(Poitevin B, Sarembaud A. Hommage, La Rev Homéop. 2014, ) AS

NEBEL, Johann Anton [Antoine] (Aesch, Bâle-Campagne, 7 juin 1870 - Lausanne, 17 juil. 1954)

Connu sous le nom d’Antoine Nebel, celui-ci fait ses études médicales à Fribourg-en-Brisgau et se passionne pour l’application thérapeutique de la botanique. Il rencontre le médecin homéopathe Grübenman qui lui explicite les fondements de l’homéopathie, puis il apprend auprès d’A. Beck* et rencontre des personnalités du monde homéopathique. Il exerce d’abord à Montreux, puis comme directeur d’un sanatorium à Davos avant de se fixer à Lausanne. Sa connaissance de la matière médicale homéopathique et sa réflexion sur la méthodologie bouleversent l’autorité de P. Jousset* et lui attirent de nombreux auditeurs. Avec certains d’entre eux, Bernard Arnulphy, J. Gallavardin*, H. Duprat*, A. Rouy*, L. Vannier*, il participe, en 1910, à la création de la Société des médecins homéopathes du Sud-Est de la France, transformée en 1937 en SRhH. Connu, en France, sous le nom d’Antoine Nebel, il devient rédacteur du Propagateur de l’homœopathie. Aux dires de son fils Antoine Nebel (1900-1993), également médecin homéopathe, il n’aime pas écrire en “ français fédéral ” et publie un seul livre Les Cycles d’évolution des parasites du cancer humain (impr. Borel & Seiler, 1932). Cependant, médaillé d’or par la SRhH lors de son jubilé en 1952, il est “ célébré comme l’un des dignes successeurs de Samuel Hahnemann pour le renouveau qu’il apporte à l’homéopathie : les constitutions minérales, le drainage, la diathèse du tuberculinisme, l’arbre généalogique des remèdes de fonds, les signes objectifs, la construction de l’ordonnance avec un agencement sobre de médicaments… Toutes ces notions qui vont être intégrées, développées et enseignées à des générations de médecins homéopathes. ”

(Acte décès ; Act. Soc. rhod. homéop., 1952, 1, p. 20-35 ; 1954, p. 168-176 ; 1955, 1, p. 5-13 ; 1955, 2, suppl. ; Bull. Soc. franç. homéop., 1954, 2, p. 67-68 ; Cah. homéop. thér. comp, 1954, 4, p. 399-400 ; Rev. belge homéop., 1954, 3, p. 271-272. ; Homéop. europ., 1993, 4, p. 31 ; J. Boiron, “ Notes sur l’histoire de la Société rhodanienne d’homéopathie (1905-1970) ”, polycopié des Actes Soc. rhod. homéop., 1994 ; Mure C. Les grands homéopathes francophones, Antoine Nebel de Lausanne (1870- 1954). Cah Biother 2006, 201, 81-5). A. S.

NÉTIEN, Georges (Grigny, Rhône, 23 oct. 1907 - Lyon, 27 mai 1999)

Après des études secondaires au lycée Ampère, il entreprend des études supérieures à la faculté des sciences où il obtient ses doctorats en sciences et en pharmacie. Il devient professeur agrégé de botanique et de matière médicale, puis inspecteur en pharmacie. Intéressé par l’homéopathie il publie, aux éditions Coquemard, Perspectives de recherches dans le domaine de la pharmacie homéopathique (s. d.) ; L’Identification et le contrôle des teintures mères végétales homéopathiques (Coquemard, 1963) ; avec J. Boiron* : Iberis amara, étude botanique, chimique, pharmacologique (1964) et Essais de caractérisation des teintures mères homéopathiques végétales par électrophorèse sur papier (PHR, 1958). C’est sous sa direction, en collaboration avec M. Traisnel et A. Verain, que l’Association française des enseignants de pharmacie galénique rédige Galenica 16 - Médicaments homéopathiques - Notions pratiques de pharmacie homéopathique (Technique et Documentation, 1986).

(Cah. biothér., 1978, 57, p. 19 ; J. homéop., 1999, 65, p. 1-3, phot.) A. S.

NICOLAS, Marceau (Charenton-le-Pont, Val-de-Marne, 10 fév. 1902 - Toulouse, 7 avr. 1982)

Docteur en médecine de la faculté de Paris en 1948, il acquiert le diplôme d’hygiène industrielle puis la qualification en psychiatrie. Il rédige trois articles dans Le Concours Médical (1951-1964) puis s’investit dans l’étude approfondie de l’homéopathie et rédige alors des articles pour les différentes revues françaises d’homéopathie. Il publie Psychiatrie homœopathique (Doin, 1968) qui est réédité sous le titre Données pratiques d’homéopathie en psychiatrie. Des troubles du comportement à la maladie mentale (Doin, 1978 ; 2/1984 ; Boiron, 3/1990). Il fait aussi paraître La médecine dans la Bible (Le François, 1977) et Médecine humaine (Le François, 1978). “ À partir de quand un individu doit-il être considéré comme malade ? […] ”. De cette question apparemment simple, ce médecin cherche tous les indices qui lui permettent de soigner les troubles du comportement de la personne humaine et utilise l’homéopathie comme fil directeur. A. S.

PICARD, Philippe-Marie-Michel (n. Rennes, 23 févr. 1939 – 20 janv. 2021)

Ses racines se situent en Touraine et en Creuse. Après avoir obtenu l’externat des hôpitaux de Paris (1961) il soutient, sous la direction de Léa de Mattos, une thèse pour le doctorat en médecine sur un sujet homéopathique à la faculté de Paris : Les Dysménorrhées de la jeune fille et l’homéothérapie (1966). Dès 1964, il s’inscrit aux cours du CHF et exerce la médecine homéopathique à Paris (1966-1981), puis en Charente (1981-1990). Au sein du CEDH, il gravit les échelons : chargé de cours (1972), chargé de la conception de séminaires. Secrétaire de la SFH (1976-1977) il participe, l’année suivante, à la fondation du Collège international Samuel Hahnemann. Il devient directeur médical des Laboratoires homéopathiques de France (1986-1988). L’année 1990 est charnière : il s’installe au Canada avec les responsabilités du développement médical et pharmaceutique de l’homéopathie, du CEDH, des cours à la faculté de pharmacie de l’Université de Laval et de la direction médicale des Laboratoires Boiron-Canada. Il publie Un médecin homéopathe vous conseille (LHF, 1975) ; Approfondissement et Synthèse de l’homéopathie (LHF, 1977) ; L’Homéopathie du Pharmacien (LHF, 1984) ; Sachez être malade pour bien guérir (Atelier Marcel Julian, 1979) ; avec M. Aubin*, Le Médecin, le Malade et l’Homéopathie (Fayard, 1980 ; Maloine 2/1982) ; Comment bien se soigner par l’homéopathie (Albatros, 1987) ; Conseiller l’homéopathie (Boiron, 1990 ; 2/1998) ; Se soigner seul sans peur (Éditions du Rocher, 1991) et aux éditions bilingues de la Chenelière, Le Guide canadien de l’automédication homéopathique (1995). Son objectif tend vers une responsabilisation de chacun dans ses choix de santé. Pour cela il se consacre à l’enseignement des professionnels de santé et à l’information du grand public. Ce souci de témoigner de “ son expérience d’homéopathe, avec l’esprit critique et le sens de l’humour, lui semble indispensable en vue de transmettre ce que l’on fait et… de faire ce que l’on dit ”.  (Rev Homéop.2021; 12; 3: 172-7) A.S.

PLAZY, Maurice-Pierre-Jules (Toulon, 20 août 1907 - Janailhac, Haute-Vienne, 19 juil. 1985)

Fils d’un médecin général, il devient à son tour élève de l’École de santé navale et soutient sa thèse de doctorat, en 1930, à la faculté de Bordeaux. Il mène une carrière de médecin de la marine jusqu’en 1947. Pendant les années de guerre, à Bizerte, il devient l’ami de H. Bernard*. De retour dans la vie civile, il gagne Paris où il passe son examen d’homéopathie au CHF. Il rédige L’Insuffisance hépatique, traitement homéopathique (Doin, 1956). Il prend de nombreuses responsabilités dont celle de créer non seulement la Fédération des sociétés médicales homéopathiques de France et de l’Union française, mais également, en 1976, avec L. de Mattos* et R. Zissu*, l’École française d’homéopathie. Après la disparition de F. Lamasson*, il préside la SFH (1976). Mais c'est pour le SNMHF qu'il s'investit et en devient le président (1962-1980) ; François Buraud, François Gassin, Dominique Jeulin et Charles Bentz lui ont succédé. Son travail de syndicaliste est transcrit dans un Livre blanc (SNMHF, 1981). Sur chaque problème il impulse des solutions. S’agissant de la défense des médicaments il publie L’Homéopathie dans les maladies aiguës (Syndicat des pharmacies et laboratoires homœopathiques spéciaux, 1964). Avec la coopération de scientifiques (H. Boiron*, André Cier, G. Nétien*, Paul Lalouette, L. Wurmser*), il rédige Recherche expérimentale moderne en homéopathie (Coquemard, 1967 ; 2/1975) et participe à la création de nombreuses commissions ministérielles et ordinales (essais cliniques, travail avec l’Inserm, etc.) sur la recherche. Pour améliorer la formation médicale, il initie les enseignements universitaires d’homéopathie et répond, point par point, aux questions posées par les autorités (conférence des doyens d’universités médicales, Académie nationale de médecine, ministère des affaires sociales). Ses poèmes Petite suite sur un grand air (1984) et Escales (posthume, 1986) sont édités par l’imprimerie Gerbert à Aurillac.         (Bull. SNMHF, 1985, 3, p. 7, phot. ; 1986, 1, p. 7 ; 1986, 2, p. 7-13.) A. S.

POIRIER, Jean (Charente, 31 oct. 1892 - Paris, 27 sept. 1942)

Étudiant en médecine lors de la mobilisation de 1914, il accomplit les débuts de la guerre comme sergent infirmier, puis la termine comme médecin lieutenant avec, sur le ruban de sa croix de guerre, deux palmes et deux étoiles. Admissible à l’internat des hôpitaux de Bordeaux et reçu à l’École de médecine navale, il en sort docteur en médecine (1920) et intègre alors l’École d’application de Toulon où il prend les fonctions de médecin de première classe de marine sur le Condorcet jusqu’à la fin de 1924. En mars 1925 il est fait chevalier de la Légion d’honneur, puis attaché à la flottille de sous-marins de Toulon. Enfin, il est désigné pour le centre d’aviation maritime de Palyvestre jusqu’en 1928. À cette époque il décide de quitter l’armée. En effet, en 1923 il a découvert l’homéopathie et rencontré L. Vannier* qui l’invite à Paris. Après avoir étudié cette thérapeutique il s’installe, en 1929, rue de l’Université. Avec L. Vannier, Charles Noailles, M. Fortier-Bernoville*, Jacques-Émile Emerit, il enseigne l’homéopathie puis assume la fonction de rédacteur en chef de L’Homéopathie française puis, en 1931, celle de secrétaire général du Centre homéopathique de France. De plus il devient le médecin chef du dispensaire Hahnemann et rédige, en collaboration avec L. Vannier*, Précis de matière médicale homœopathique (Doin, 1933 ; Boiron, 10/1994). Lors de la mobilisation de 1939 il rejoint son poste à Cherbourg et il est fait prisonnier. Sa conduite lui vaut une seconde croix de guerre. Les épreuves l’ont épuisé, il s’éteint à cinquante ans. L’ouvrage Traitement homœopathique du cœur (Doin, 1949) est posthume.

(Cah. homéop. thér. comp., 1945, 4, p. 556-560, phot.) A.S.

PONCET, Jacques-Édouard (n. Lyon, 15 juil. 1937 - 2011)

Au sein des hôpitaux de Lyon il réussit les concours de l’externat (1959) et de l’internat (1963), puis il devient docteur en médecine (1969). Il cumule non seulement les certificats d’études supérieures (physiologie générale, 1961 ; biochimie dynamique, 1967 ; biochimie médicale et technique, 1968 ; diplôme d’études approfondies de physiologie animale, 1970) mais également un certificat d’études supérieures de pédiatrie et puériculture (1969). Après une période hospitalo-universitaire où il assiste le Pr Creyssel à l’hôpital Édouard‑Herriot, il s’installe comme pédiatre à Lyon (1972). Il obtient le diplôme d’homéopathie (1977) via l’INHF et, depuis, participe activement à la vie homéopathique (CEDH, SRhH, Groupement des pédiatres homéopathes d’expression française, etc.). Il rédige sept articles pour l’Encyclopédie médico-chirurgicale (Éditions techniques, 1989) et quatre pour l’Encyclopédie des médecines naturelles (Frison-Roche, 1995, 2/2000). Aux éditions Boiron, il participe à la publication d’ouvrages collectifs : Glossaire de l’homéopathie (1992) ; Pratique homéopathique en allergologie (1995) ; Homéopathie en première intention : application à l’ORL (1998). On lui doit aussi Homéopathie pédiatrique, t. I, Les Remèdes de symptômes (1984) ; t. II, Les Remèdes de terrain (1987) ; Homéopathie pédiatrique. Thérapeutique en pathologie aiguë (1991) ; Homéopathie pédiatrique - Psychopathologie (1994. Il publie vec M.-N. Issautier*, L’enfant et l’animal de compagnie (2001) et avec Roland Sausssac, Sébastien Des Guidi et l’homéopathie à Lyon (2005). Il perpétue la tradition instituée par Des Guidi des médecins homéopathes lyonnais. A. S. La Rev. homéop. 2012 ;3 : 75. AS

ROUSSEAU, Louis-Alcime (Herbignac, Loire-Atlantique, 10 juil.1897 - Angers, 13 mars 1972)

Fils du médecin de campagne Alcime Rousseau, il suit cet exemple paternel et obtient le doctorat est à la faculté de Nantes. Dans cette ville, il se lie d’amitié à la famille Tétau. Il épouse la fille de Joseph Tétau*, son professeur d’homéopathie. Il s’installe comme médecin homéopathe à Guérande, puis décide d’emménager à Paris. Il y rencontre les médecins regroupés autour de L’Homéopathie moderne tels M. Fortier-Bernoville*, Charles Mondain et M. Martiny* et devient médecin homéopathe de l’hôpital Léopold Bellan. Il est très apprécié de ses collègues puisqu’il assume simultanément la présidence de la SFH et celle de la Société de médecine de Paris. Médecin de l’Institut prophylactique, il crée un service de médecine homéopathique. Auteur de nombreux articles il rédige, pour les éditions Maloine, avec Joseph Tétau*, Les plus récentes acquisitions de la biologie et leurs incidences sur la thérapeutique (1943) et Le Médecin à la recherche d’une doctrine (1947) ; puis sous sa seule signature, Commentaires sur la codification des médicaments unitaires homéopathiques et des formules de prescriptions courantes (1954). Avec Henri Deroche, après la disparition de son beau-père J. Tétau*, il participe aux rééditions successives de l’ouvrage Homéopathie de celui-ci, sous la forme d’un seul volume (Maloine, 2/1947 ; 3/1950 ; 4/1959), puis avec son neveu, M. Tétau*, il participe à l’avant-dernière réédition, revue et remaniée (5/1970).

(Homœop. franç., 1972, 4, p. 193 ; Cah. Biothér., 1972, 35, p. 9 ; Bull. SNMHF, 1972, 4, p. 4.) A. S.

ROY, Joseph (Dijon, 22 déc. 1891 - Paris, 1er févr. 1978)

Fils d’un professeur du collège Saint-François de Sales, il s’inscrit à l’École de médecine et à la faculté des sciences de Dijon. Il soutient une thèse en médecine, mais la mobilisation de 1914 interrompt celle d’un doctorat ès sciences. La bataille de Verdun lui vaut la croix de guerre et la Légion d’honneur. Après l’armistice, il maintient ses fonctions dans le cadre militaire jusqu'en 1928, année où il s’installe à Paris et côtoie L. Vannier*. Le 11 décembre 1931, il dépose le brevet du produit Oscillococcinum 200®. En 1939, il devient médecin-chef dans la huitième région militaire et exerce une activité thérapeutique jusqu’à l’âge de 85 ans. Ami de Léon et Lucien Daudet ainsi que de nombreuses personnalités notamment religieuses, il tente un rapprochement entre la science et la métaphysique : Le Sang puissance de vie (Gallimard, 1942) et La Métaphysique de la vie (Maisonneuve et Larose, 1964). Il choisit l’hôpital Saint-Jacques comme dernier lieu de soin. Ses fils fondent le prix Joseph Roy en vue d’encourager des écrits et des travaux afférents à l’homéopathie. A. S.

SANANÈS, Roland (n. Sidi Bel Abes, dép. d’Oran, 11 août 1930 – Paris, 20 mars 2020)

« Je n’ai vécu que pour l’homéopathie, un amour dont j’ai toujours besoin de parler… » ainsi s’exprimait Roland Sananès, médecin homéopathe parisien, lors d’un entretien publié avec Jacqueline Peker. Dans ce dialogue exceptionnel qu’elle consacre à des personnalités des professionnels de l’homéopathie française, des « homéopathes remarquables » qu’elle a ainsi qualifiées, fréquentées et appréciées. Roland Sananès tient une place particulière depuis 1971, car elle exprime qu’avec lui, « tout ce qui nous rapproche est une sorte de source de vie, près de laquelle nous aimons toujours nous retrouver ». En effet, de 1974 à 1978, Roland Sananès, Jacqueline Peker et quelques homéopathes ont « sillonné le France pour informer les patients de l’utilité de l’homéopathie dans les salles de mairies, les cafés, les salles de sport… »

Mais revenons à son parcours professionnel singulier, il naît à Sidi Bel Abès, dans le département français d’Oran, le 11 août 1930 ; de son enfance, il a gardé et entretenu ce besoin de communiquer, pendant toute son existence, avec la chaleur méditerranéenne, ses passions dont celle, devenue omniprésente, de l’homéopathie, pratique, clinique, concrète. Diplômé médecin en 1957, son cursus le conduit à intégrer le centre de thermalisme, à Quiberon, où il rencontre le médecin de Lénine, le Dr Salmanoff. Il prend alors conscience de l’apport bénéfique de l’homéopathie, ce qui conduit à rencontrer des homéopathes : Pierre Vannier, Émile Iliovici, Othon-André Julian et Jacques Michaud. Ces personnalités citées deviendront ses amis. Tous les quatre, ils vont constituer la charpente de la Société médicale de Biothérapie, société de formation à l’homéopathie et d’autres thérapeutiques analogiques, sous la direction de Max Tétau. Roland Sananès en aura la direction, jusqu’en 1989, de cet enseignement, structure constitutive de la Confédération nationale des Médecins homéopathes et biothérapeutes.

Mais, à ses dires, « méprisé par l’industrie et de nombreux confrères, il se tourne vers tous ceux qui, convaincus ne demandent qu’en savoir plus… », poursuit dans cet entretien, Jacqueline Peker. Et c’est entre autres pour ces raisons qu’il décide de fonder son école, le Collège français des sciences humaines. Celle-ci créera des points d’enseignement, outre celui de Paris, à Montpellier, Toulouse, Casablanca et Barcelone. Elle s’associera pour un congrès annuel avec Albert-Claude Quemoun, président de l'Institut homéopathique scientifique [3].  Roland Sananès trouvera son auditoire, autant public que professionnel, séduit par sa pédagogie de la thérapeutique hahnemannienne : « Il imite Lycopodium ou Sulfur, décrit longuement les diathèses, mime les constitutions… un grand acteur dont on ne lasse jamais… » dixit Jacqueline Peker. En plus de ses cours et conférences, il a transmis son expérience au travers d’ouvrages destinés au grand public ou aux professionnels de santé, dont certains deviendront des best-sellers.

 En 1995, il exprimait ce propos prémonitoire de l’actualité sur le dénigrement de l’homéopathie :

« L'évolution ne viendra donc pas de la ville, mais de la campagne, de l'écologie, des paysans, des patients. Une mère d'enfant en crèche qui en a assez de lui donner sans cesse des antibiotiques, qui décide de chercher quelque chose d'autre et s'aperçoit que l'homéopathie marche mieux et coûte moins cher, devient sans même s'en rendre compte le porteur du message homéopathique. » [4]

Cette réalité existe, elle est indéniable, mais elle ne nous suffit pas comme réponse. Nous avons une différence d’appréciation majeure dans la proposition médicale de l’homéopathie pour sa pratique et sa reconnaissance pharmacologique, via un dialogue continu et constructif avec les autorités sanitaires, scientifiques et publiques en vue d’une légitimité assurée.

Il va rédiger en tant que pédagogue passionné, nous pouvons en citer près d’une trentaine d’ouvrages, édités et réédités :

  • Homéopathie traditionnelle. Presse médicale européenne, 1976.
  • Homéopathie et langage du corps. Laffont, 1982.
  • L'Homéopathie aujourd'hui. Laurope éd., 1986
  • Homéopathie et rhumatologie. 1984, Louis Pariente et Similia, 2/1996.
  • Maux de tête et bleus de l’âme.1986, Laffont, 2/1997.
  • La Consultation homéopathique, Similia, 1987, 1989.
  • Bloqués du dos, redressez-vous. Borning Bush, 1988.
  • Homéopathie et Manifestations allergiques. Similia, coll. Le point sur ;1990,1992, 3/2001 ; M. Pietteur, (coll. Le point sur) 2003
  • Acquérir maîtrise, aisance, efficacité. Dunod, 1992.
  • Homéopathie et maux digestifs. Similia, 3/1993.
  • Unicisme, Pluralisme, Complexisme, les trois dimensions de l’homéopathie. Lehning, 1994.
  • Homéo-allergie. 1995, Hachette et Similia, 4/2001.
  • Maux digestifs : Homéopathie, antidote de pollutions. Similia, 1993.
  • Homéopathie et rhumatologie. Similia, 1996
  • Cliniques homéopathiques : formation médicale continue : conférences 1993-1997. Sainte-Barbe : Laboratoires Lehning, 1997
  • Homéo rhumatisme : tout sur les rhumatismes et leur traitement, des conseils pratiques, votre guide de santé homéopathique (Hachette et Similia, 1996) ;
  • Maux de tête et homéopathie.SMP, 1996.
  • Cliniques homéopathiques. Lehning, 1997.
  • De la santé jusqu’à cent ans. M. Pietteur, 1998
  • Homéopathie et langage du corps. Le Grand livre du mois, 1998.
  • Maux de tête et bleus de l'âme. Le Grand livre du mois, 1999.
  • Homéo-digestion. coll. Homéo Guide, Hachette, 2000.
  • Homéo allergie. Hachette & Similia, 2001.
  • Penser et écrire l'homéopathie. M. Pietteur, 2003.
  • Nos hormones, nos émotions : la réponse homéopathique. Trédaniel, 2005.
  • Seniors ! Santé – Vitalité, Pietteur, 2005.
  • Guide de l'arthrose par l'homéopathie et les médecines alternatives : Se soigner autrement. 2006.
  • Insomnie : journal intime de la peur du lit ; suivi de La douleur de vivre, une histoire à dormir debout ; avec la collaboration de Ruth Arbiser. Trédaniel, 2009.
  • Les remèdes homéopathiques et leur mode d'action. Sefi, 2013.

(Rev Homéop., 11; 3 :148-9) AS.

SCHMIDT, Pierre (Chaumont-sur-Neuchâtel, Suisse, 22 juil. 1894 - Tence, Haute-Loire, 15 oct. 1987)

Après avoir obtenu le diplôme de docteur en médecine à la faculté de Genève, il se passionne pour l’homéopathie. Mais les enseignements européens lui conviennent si peu qu’il décide de se rendre aux États-Unis pour trouver une homéopathie proche de celle de J. T. Kent* auprès de Alonzo Eugenio Austin et Frederica E. Gladwin. De retour, il s’installe à Genève et y développe une réputation internationale de médecin homéopathe uniciste secondé par le maniement du répertoire de Kent. Avec son épouse, Dora Schmidt-Nagel, il crée un laboratoire de fabrication comportant un procédé pour l’élaboration des dilutions korsakoviennes. Dès 1925 il participe à la naissance et la propagation de la Ligue médicale homéopathique internationale dont il deviendra le président d’honneur. En plus de ces activités il constitue, en 1946, le Groupe hahnemannien de Lyon et participe à la constitution de multiples structures (École d’homéopathie Dauphiné-Savoie, Homeopathia Europea, Centre d’études Samuel Hahnemann). Il continue ses activités jusqu’en 1974 ; retiré dans la région de Nancy où il exprime pour ultimes volontés le legs de son patrimoine scientifique et le prolongement de son activité, à ses amis J. Künzli* et René Casez, dans une institution internationale qui devient la Fondation Pierre Schmidt. Son érudition hors du commun lui permet de préfacer les publications de nombreux homéopathes (J. Compton Burnett, G. Hodiamont*, É. Plisnier*, etc.) et surtout celles des traductions françaises de trois textes fondamentaux : la sixième édition de la Doctrine homéopathique ou Organon de l’Art de guérir (Genève, Jeheber, 1952 ; Paris, Vigot, 1952 ; Baillière, Similia, 1982) ; Lectures on homoeopathic philosophy de Kent qui devient La Science et l’Art de l’homœopathie (Paris, SFER, 1958 ; Maisonneuve, 1969) et, avec J. Künzli*, Le Traité des maladies chroniques (Maisonneuve, 1969). À partir de 1963 son enseignement oral est transcrit dans les Cahiers de Groupement hahnemannien de Lyon, puis édité grâce à J. Baur* sous le titre L’Enseignement du Dr Pierre Schmidt (Similia, t. I, 1990 ; t. II, 1991). Celui-ci traduit le sentiment de la profession en le qualifiant de “ tout à fait hors du commun ” et ajoute “ son œuvre est désormais définitivement inscrite dans les annales de la grande histoire de l’homéopathie. ” (Cah. biothér., 1984, 83 suppl., p. 89 ; Cah. biothér., 1987, 96, p. 83-86, phot. ; Cah. group. hahn., 1987, 10, p. 387-388, phot. ; Homéop. franç, 1988, 4, p. 231-234 ; Homéop., 1988, 1, p. 60-61; Mure C. Les grands homéopathes francophones P Schmidt et J Baur. Cah. Bioth. 2010, 222 : 57-60 ; Mure C. Les grands homéopathes francophones P Schmidt et J Baur. Cah. Bioth. 2010, 223 : 51-53) A. S.

TÉTAU, Auguste-Jean (Gesté, Maine-et-Loire, 4 mai 1901 - Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône, 3 août 1972)

Fils de Joseph Tétau*, il devient docteur en pharmacie à Nantes et fonde, en 1936, les Laboratoires de pharmacologie homéopathique Dolisos. Il rédige Les apothicaires de Nancy du XIIIe siècle (Occitania, 1932) ; puis, aux éditions Peyronnet, deux articles, extraits de la Revue française d’homéopathie, Hepar sulfuris calcareum (1953) et Causticum d’Hahnemann, essai de définition chimique (1954). Enfin avec son neveu M. Tétau* il publie, en 1956, aux éditions des laboratoires de pharmacologie homéopathique Dolisos, Les Biothérapiques et Structure et pharmacologie de Sepia. À côté de sa famille composée de médecins - père et deux frères - il choisit la pharmacie homéopathique et développe l’un des principaux laboratoires homéopathiques français de dimension internationale.

(Ann. homéop. franç., 1972, 8, p. 662-663 ; O.-A. Julian, “ In memoriam ”, Cah. biother., 1972, 36, p. 271-272, phot.). A. S

712 TÉTAU, Jean-Manuel-Max-Joseph (n. Paris, 12 janv. 1954 - 30 août 2007) 67

Fils du médecin homéopathe Max Tétau*, il suit un trajet proche de celui de son père et obtient un diplôme de pharmacien (1977), un diplôme d’études approfondies de biochimie clinique (1983), un doctorat en médecine (1984) et un diplôme d’homéopathie (1986). Après sa nomination au concours de l’internat des hôpitaux de Paris, il poursuit une carrière qui le conduit à devenir assistant puis attaché de consultation à l’hôpital Necker. Il exerce des responsabilités à la fois comme secrétaire et directeur d’enseignement de la Société médicale de biothérapie, secrétaire de la Fédération française des sociétés d’homéopathie. Il publie plusieurs ouvrages, M. Levrat*, Ch.-A. Pigeot* et P. Setiey* : Guide de prescription homéopathique (Similia, 1990) et Homéoguide (Hachette et Similia, 1991, 2/2001) et, avec Ch.-A. Pigeot*, Homéo-femme (2001). Il rédige également Homéopathie et Céphalées (1992) ; Homéo-grossesse (1997) ; Guide homéopathique du voyageur (1997) ; Homéo-vacances (1998). Élu au conseil de l’Ordre départemental des médecins de Paris, il devient dans la même période président du SMH (2002). Le sillon tracé par sa famille a été malheureusement rompu par son décès prématuré qu’a souligné la présidente du SNMHF, Dominique Jeulin-Flamme, soulignant « la perte d’un partenaire et d’un allié indispensable, une des grandes figures de l’homéopathie française » ET « à un nom, il avait su adjoindre parfaitement un prénom » (Homeop Europ, 2007 ; 4 :25 ; Tétau M les voici. Cah Biother 2003 ; 184, XII  A. S.

713 TÉTAU, Joseph-Félix-Victor (Cholet, Maine-et-Loire, 11 mars 1867 - Beaupréeau, Maine-et-Loire, 22 juin 1942)

C’est le patriarche de la famille Tétau, le père de Jean Tétau* (fondateur des laboratoires homéopathiques Dolisos) et de deux médecins Pierre et Joseph ; il est également le beau-père du médecin L.-A. Rousseau* et le grand-père de Max Tétau*. Il obtient son doctorat en médecine de la faculté de Paris (1891) avec pour intitulé de thèse : Influence du traitement rhino-pharyngien dans la conjonctivite printanière et dans certaines formes de kérato-conjonctivites se rapprochant de cette affection, édité sous le titre Du traitement rhino-pharyngien dans les conjonctivites printanières (Jouve, 1892). Puis il rédige, en 1901, sous la direction du Pr Albert Robi, Méthode de diagnostic précoce du terrain de prédispositions à la tuberculose pulmonaire par l’étude de la température moyenne et Prophyllaxie de la tuberculose pulmonaire, diathèse consomptive (Angers, Gerlain et G. Grassin, 1902) ; ce travail lui vaut la médaille de l’Académie de médecine. Mais c’est pour la thérapeutique homéopathique qu’il s’investit dans sa pratique médicale de médecin de campagne, d’abord à Geste, puis à Beaupréau. Comme écrits, il publie Les Polychrestes homœopathiques dans leurs rapports avec les troubles neuro-endocrino-sympathiques, Étude sur la matière médicale homœopathique (Éditions médicales, 1930) ; Les correspondances endocrino-sympathiques des médicaments homéopathiques (Éd. de “ l’Homœopathie Moderne ”, 1933) ; Essai de thérapeutique clinique, basé sur les correspondances neuro-endocrino-sympathiques. Formulaire homœopathique (Éd. de “ l’Homœopathie Moderne ”, 1934). Il publie également Homéopathie (1938, Maloine, 6/1978) ; cet ouvrage comprend au départ deux tomes, le premier sur les généralités, le second les principes cliniques. Dans la collection “ Les petits précis ”, il trouve un succès et sera réédité sous la forme d’un seul volume, avec l’aide de L.-A. Rousseau* et d’Henri Deroche (2/1947 ; 3/1950 ; 4/1959) puis de M. Tétau*. Il fait paraître, aux mêmes éditions, Les plus récentes acquisitions de la biologie et leurs incidences sur la thérapeutique (1943) et, avec L.-A. Rousseau*, Le Médecin à la recherche d’une doctrine (1947). Il n’a de cesse d’essayer de prouver l’efficacité rapide de la thérapeutique homéopathique sur de très nombreuses indications afin de la promouvoir. A. S.

714 TÉTAU, Max-Joseph-Pierre-Adrien (n. Angers, 15 janv. 1927 - 16 juil. 2012) 68

Petit-fils et fils de médecins homéopathes, porteur du même prénom Joseph, il est le neveu de Jean Tétau* et le père de Jean-Manuel Tétau*. Après l’obtention du diplôme de pharmacien en 1952, complété des qualifications biologiques en 1953, il soutient une thèse pour le doctorat en médecine (Paris, 1961) intitulée : Du rôle de l’expert et de l’expertise dans la nouvelle législation du visa des spécialités pharmaceutiques telles qu’elle découle de l’ordonnance du 4 fév. 1959 et du décret du 5 avril 1960, ce qui lui vaut la médaille d’or de l’Académie nationale de médecine. Il publie Isopathie et médicament isopathique (Dolisos, ca 1962) et Antibiotiques et homéopathie (Paris, journées pharmaceutiques françaises, 30 sept. 1968). Après avoir collaboré aux dernières rééditions du livre de Joseph Tétau* Homéopathie (Maloine, 5/1970, 8/1999) et à l’ouvrage d’O.-A. Julian* Matière médicale d’homéothérapie (Peyronnet, 1971). Il écrit 101 conseils pour l’emploi des plantes médicinales de tous les pays (Hachette, 1978) ; puis, aux éditions Maloine, Matière médicale homéopathique et associations biothérapiques (t. I, 1979 ; t. II, 1983) ; Signes majeurs des grands remèdes homéopathiques (1981) et Théorie et pratique de l’homéopathie moderne (1987).

Les éditions Similia lui publient la majorité de ses nombreux ouvrages couvrant l’homéopathie et sa pratique : Homéopathie et pathologie respiratoire (1983) ; Homéopathie et pathologie digestive (1985) ; Homéopathie et neuropsychiatrie (1986) ; Nouvelles cliniques d’organothérapie diluée et dynamisée (1986) ; Nouvelles cliniques de gemmothérapie (1987, 3/1998) ; Traité de diététique homéopathique (1988, 2/1998) ; Homéopathie et insuffisance veineuse des membres inférieurs (1988) ; Traitement homéopathique moderne des eczémas et des mycoses (1988, 2/1998) ; Traité de dermatologie homéopathique (1989, 2/1999) ; L’Homéopathie végétale (1990) ; Homéopathie et troubles caractériels de l’enfant (1992, 2/1999) ; Homéo-minceur (Similia et 1992, Hachette, 2/2004) ; L’Homéopathie nouvelle génération (1992) ; Remèdes homéopathiques ciblés (1992) ; La Prescription korsakovienne (1993) ; L’Élan vital (1994, Similia, 2/1999) ; Petites cliniques homéopathiques (1996) ; Les Diathèses homéopathiques (1996, Similia, 2011) ; Phyto Guide (1997) ; Phytothérapie et rhumatismes (1997) ; Hahnemann. Aux confins du génie (Similia, 1997) ; Traité de diététique homéopathique (1988 ; 2/1998) ; Matière médicale homéopathique ciblée (1999, 2014) et Pour une médecine humaniste, l’homéopathie (2000) ; Abrégé de rhumatologie (Similia, 2010) ; Les Constitutions homéopathiques (Similia, 2007).

Chez d’autres éditeurs, il publie Articulations, votre ordonnance naturelle (Alpen, 2002) ; L’homéopathie, votre atout minceur (Privat, 2002) ; Homéopathie au féminin (Privat, 2002) ; Guide pratique de l’homéopathie (Privat, 2002) ; Cliniques respiratoires et ORL en homéopathie (Le Manuscrit, 2010) ;  Homéopathie, bases théoriques et pratiques (Le Manuscrit, 2011).

Il écrit, avec S. de Luna, « Données expérimentales sur l’action de Tuberculinum  en dilution homéopathique administré dans la tuberculose du cobaye » (Impr. Schiffer, 1956 ; Dolisos, 1970) ; avec H. Lernout*, Comment soigner par les sels de Schussler et les minéraux dilués et dynamisés (Maloine, 1978), Acupuncture clinique (Maloine, 1981), les Sels de Schussler et leur environnement (1986) et Répertoire d’oligothérapie fonctionnelle (Similia, 1993) ; avec C. Bergeret*, L’Organothérapie diluée et dynamisé (Maloine, 1971), la Phytothérapie rénovée (Maloine, 1972 ; 2/1983), Précis de lithothérapie déchélatrice (Maloine, 1984), Nouvelles cliniques d’homéopathie végétale (Similia, 1992) ; avec D. Scimeca*, Nouvelles cliniques de lithothérapie déchélatrice (Similia, 1997) et Phyto-guide (Hachette & Similia, 1997) ; Nouvelles cliniques de lithothérapie déchélatrice (Similia, 1997) et Phyto-guide (Hachette & Similia, 1997); Votre santé par les plantes (Alpen, 2004) ; L’Homéopathie et vos enfants (Télémaque, 2005) ; Plus mal au ventre ( Alpen, 2008) ; Rajeunir nos tissus avec les bourgeons (Le Grand livre du mois, 2011); Les médicaments lithiques (Similia, 2016) ; Intestins et maux de ventre (De Noyelles, 2017) ; avec Hélène Barbier de Vimont et Françoise Moreau‑Delgado, La Ménopause au quotidien (Télémaque, 2005) ; Elisabeth La Tour de Mareuil, Guide homéopathique de la sage-femme (Le Manuscrit, 2011).  Directeur médical des laboratoires homéopathiques Dolisos, puis responsable du département médical “homéopathie” des laboratoires Pierre Fabre, il assume de multiples fonctions présidentielles : Société médicale de biothérapie, Fédération nationale des sociétés de médecine homéopathique et de biothérapie, Fédération internationale Homeopatia universalis et conseil de famille du Syndicat de la médecine homéopathique, rédacteur en chef de sa revue qu’il a créée avec Othon André Julian,  Cahiers de Biothérapie. Jusqu’au bout de son existence, en dépit de toutes les contrariétés, il assume, avec érudition et élégance, sur plus de soixante cinq ouvrages publiés, sa place de propagateur de l’homéopathie et des thétapeutiques analogiques .

(Sarembaud A. Disparition de Max Tétau. La Rev. homéop. 2012, 3 : 158 ; Max Tétau, numéo spécial. Cah  Bioth 2012, 234) AS

VALETTE, Guillaume (Mézidon, Calvados, 1902 - Paris, 23 mars 1982)

Doyen de la faculté de pharmacie de Paris, il fait paraître de nombreuses publications dont Précis de pharmacodynamie (Masson, 1972) et un tiré à part du bulletin de l’Ordre des pharmaciens sur l’Auto-expérimentation en pharmacologie (Maisonneuve, 1978), dans laquelle l’homéopathie tient une place importante. Il accueille le Syndicat national des pharmacies et laboratoires homéopathiques français, présidé par H. Boiron*, et crée une sous-commission sur l’homéopathie de la pharmacie galénique, comprenant P. Vannier* et L. Wurmser*. Son nom reste gravé dans l’histoire de la législation homéopathique puisqu’il écrit, en 1965, dans la préface de la huitième édition de Pharmacopée française : “ La France officialise l’homéopathie en l’introduisant dans sa pharmacopée. La faveur persistante en laquelle sont tenues les doctrines d’Hahnemann nécessite cette inscription. La Commission permanente a d’ailleurs adopté à l’endroit de tels médicaments des règles précises tendant à assurer la constance des substances utilisées comme matière première. ”

(Acte naiss. ; Homéop. franç., 1982, 4, p. 281.) A. S.

VALLETTE, André-Marie (Marseille, 30 avr. 1912 - Marseille, 16 juil. 1997)

Diplômé de la faculté de Marseille et certifié en pédiatrie (1939), il devient interne de l'hôpital Saint-Joseph de Marseille et complète sa formation par l’étude de l’homéopathie auprès de Jacques Gaillard et J. Daniel*. Ensuite, il poursuit son étude au sein du Groupe hahnemannien de P. Schmidt* et du CHF. Il multiplie les colloques, initie les premiers enseignements universitaires à la faculté de Marseille, avec Pierre Robert. Il est l’un des fondateurs du Groupement des pédiatres homéopathes d’expression française (1982). Avec Claude Vallette, chef de service de la maternité Sainte-Monique, il prescrit des traitements homéopathiques chez des patientes hospitalisées et réalise des recherches cliniques en collaboration avec les laboratoires Sibourg et Boiron. Ses ouvrages, édités par Maisonneuve, ont eu un succès retentissant, tant parmi les professionnels, avec Homéopathie infantile (2 t., 1974-1975) que par les familles avec Homéopathie infantile pratique (1978, 3/1993).

(Homéop. europ., 1997, 6, p. 34.) A. S.

VANNIER, Édouard (Marigné-Peuton, Mayenne, 16 déc. 1868 - Canteleu, Seine-Maritime, 23 nov. 1943)

Frère aîné de Léon Vannier*, père de Pierre-Édouard* et d’Henri*, il appartient à une famille de médecins homéopathes de premier plan. Il soutient sa thèse pour le doctorat en médecine à Paris (1896), puis s’installe à Saint-Georges-sur-Loire. Correspondant avec Humeau, son ancien camarade de la faculté d’Angers, installé comme homéopathe au Havre, il approfondit la matière médicale homéopathique. Il crée un cabinet d’homéopathie à Rouen en 1900. En relation avec P. Jousset*, celui-ci le sollicite dans son équipe de la revue L’Art médical. Devenu membre de la SFH, il participe à la rédaction de l’ouvrage de G. Sieffert* : Introduction à la Thérapeutique positive (1910). Mobilisé comme médecin capitaine, volontaire pour le front en 1915, il prend part à la bataille de Verdun qui lui vaut d’être décoré, par la suite, de la croix de la Légion d’honneur et de la croix de guerre. Après la démobilisation et de retour à Rouen, il reprend son activité jusqu'en 1937, année où il tombe très malade et est obligé de garder un repos complet. Mais, bien que retiré, il remplace le praticien du village lors de la mobilisation de 1939. Son état empire au point qu’il doit s’aliter, en 1942, et qu’il décède un an plus tard.      

(P. Chiron, “ Le Docteur Édouard Vannier (1869-1943) ”, Cah. homéop. thér. comp., 1945, 1, p. 133-134.) A. S.

VANNIER, Henri-Joseph (Rouen, 10 mars 1905 - Chamonix, 29 juil. 1990)

Fils d’Édouard et neveu de Léon Vannier*, il obtient le doctorat en médecine en 1935 à la faculté de médecine de Paris. Il est l’auteur de deux ouvrages d’homéopathie, édités par Doin : Les Douleurs thoraciques (1959) et Les Douleurs abdominales (1962).       

(Homéop. franç., 1990, 5, p. 12.) A. S.

VANNIER, Pierre-Édouard-Léon (Saint-Georges-sur-Loire, Maine-et-Loire, 16 déc. 1899 - Compiegne, Oise, 18 fév. 1986)

Fils d’Edouard Vannier* et neveu de Léon Vannier*, médecins homéopathes, il soutient sa thèse de docteur en médecine à Paris en 1937 (médaille d’argent). Auparavant, après sa mobilisation militaire de 1918 à 1920, il gravit les échellons universitaires : première année (hôtel-Dieu de Rouen, 1920), externe des hôpitaux de Paris (1922), interne (1927), chef de clinique (1937) puis membre du comité de l’internat de Paris. En 1945 il fonde les Cahiers d’homéopathie et de thérapeutique comparée dont le but est de “ contribuer à déterminer la place qui revient à l’homéopathie dans la médecine, en cherchant à en établir la valeur intrinsèque et extrinsèque ”. Cette revue comprend des collaborateurs tels J. Séval*, P. Chiron*, G. Charrette*, H. Bernard* et G. Hodiamont*. En 1954 il présente une communication sur “ l’Anthropologie différentielle et l’homéopathie ” à la faculté de médecine de Mayence. S’ajoutant aux nombreux articles il publie, avec la collaboration de Jean Volckringer, la Réglementation des médicaments homéopathiques en France (École nationale de santé publique, 1954). Par ailleurs il conçoit un ouvrage l’Homéopathie dans la collection “Que sais-je ?", aux Presses Universitaires de France, paru en 1955 et réédité jusqu’en 1984. Dans ces années d’après-guerre, il est élu vice-président du SNMHF et chargé par lui de le représenter au sein des commissions afférentes à la réglementation du médicament homéopathique. Il investit son énergie en vue de l’adoption des dilutions hahnemanniennes ; ce qui se traduit par la publication, en 1965, par “ l’Ordre national des pharmaciens, de la huitième édition de la Pharmacopée ou codex français ” qui officialise les dilutions hahnemanniennes. Sa position contre le maintien des dilutions korsakoviennes l’éloigne de son groupement syndical initial et l’incite à créer le Syndicat des médecins omnipraticiens et spécialistes de France (ca 1959). Il entreprend, au début des années 1960, la rédaction d’un traité d’homéopathie avec plusieurs collaborateurs qui paraît, aux éditions Techniques, dans la collection de l’Encyclopédie médico-chirurgicale. En 1963 la disparition de son oncle Léon Vannier* le voit présider le CHF et le dispensaire Hahnemann. Il publie, avec le Syndicat des pharmaciens et laboratoires homœopathiques spéciaux, La Pharmacopée française, 1965, et l’introduction de l’homœopathie dans cette pharmacopée (Coquemard, 1967). Dès 1971 il renforce son équipe avec M. Guermonprez* pour vice-président, et G. Desmichelle* comme secrétaire-général du CHF. C’est en 1974 qu’il quitte la présidence, remplacé alors par son vice-président et il continue d’y assurer des cours. Il se retire également de la présidence du dispensaire Hahnemann (1975). Outre les publications et les livres cités plus haut, nous relevons ses articles dans les ouvrages encyclopédiques (Encyclopédie Universalis, le Quid, Les Princes de la médecine) et deux romans d’espionnage, parus aux éditions Denoël, sous le pseudonyme de Jean d’Olivet : La Peau d’un autre (1966) et Le Renard du port d’Espagne (1973).

(Cité dans presque tous les numéros du Bull. SNMHF, de 1947 à 1968 ; Homéop. franç., 1986, 74, p. 119-120). A. S

VINCENT, Georges (Fleurus, Belgique, 29 mai 1910 – 6 nov. 2001)

Après des études à l’Athénée royal de Charleroi (1921-1927) et à l'Université libre de Bruxelles, il obtient son diplôme de chirurgien-dentiste à l’École dentaire (1935). Installé à Bruxelles, il fait appel pour son fils souffrant à H. Leduc* qui obtient la rémission des symptômes. Dès cet instant, il se passionne pour l'homéopathie si bien qu'il devient chargé de cours au CHF(1954-1962), puis à l’École belge d’homéopathie et à l’École Caullier.  Il crée, avec H. Leduc*, M. Jenaer*, E. Plisnier* et Léon Mousset, un groupe dénommé “ Le Pentagone ”, groupe à l’origine (1970) de la Fédération médicale homéopathique belge. En 1974, il devient enseignant à l’École belge d’homéopathie et vice-président de l’Association internationale de médecine homéopathique odonto-stomatologique. En 1972, lors du congrès homœopathique à Bruxelles, il est vice-président de « l’Association Internationale de Médecine homoeopathique odonto-stomatologique » (Dentaria Acta) avec J. Meuris*. Puis, il donne des conférences qu'il transcrit, avec sa fille S.Vincent*, sous l'intitulé Homéopathie et Pathologie bucco-dentaire (Similia, 1988), préfacé par H. Leduc*.

(Rev. belge homœop., 1996, 4, p. 26-28 ; Rev. belge homœop., "Reportage sur la journée de dentisterie homœopathique en hommage à Georges Vincent le 24 avril 2004 à Ittre", 2004, 2, p. 244-247.) A. S.

VOISIN, Henri-Marie-Joseph (Tours, 4 déc. 1896 - Annecy, 24 mars 1975)

Il avait pour usage d’ajouter “ d’Annecy ” à son nom. Médecin de campagne, installé après la première guerre mondiale à Cruseilles, entre Annecy et Genève, il reste peu attiré par les congrès, mais par des enseignements réservés à ses propres élèves (1950-1965). Cependant, dès 1938, il s’attache à communiquer son point de vue et son expérience, faite de rigueur et de pragmatisme, d’une façon moins confidentielle (Stockebrand est l’un de ses élèves). À ce moment, il rédige L’Homœopathie : ce qu’elle est, ce qu’elle n’est pas (Dargero, 1938). Après la seconde guerre qu’il effectue dans la Résistance, il publie En attendant le médecin : comment se soigner par l’homéopathie, sans le médecin ou en l’attendant (Gardet, 1945, 12/1981) ; Ce qu’est réellement l’homéopathie (Gardet et Garin, 1947) ; Matière médicale homéopathique clinique (2 vol., 1949) ; Les Groupes et Familles de Remèdes (1954) ; Homéopathie clinique, répertoire et thérapeutique (Imp. occitane, 3 t., 1952) ; L’Application rationnelle et critique de l’homéopathie (1955). Il devient l’un des auteurs des éditions Maloine : Matière médicale du praticien homéopathe (1963, 2/1976, nombreux tirages) ; Thérapeutique et Répertoire homéopathique du praticien (1950, 2/1978, nombreux tirages) ; L’Acupuncture du praticien (6/1983) et Diagnostic des sub-luxations vertébrales. Son message homéopathique demeure une référence pédagogique de la clinique par sa clarté en vue de rédiger la prescription des médicaments et de choisir la dilution.

(Ann. homéop. franç., 1975, 3, p. 296-297, phot. ; Homéop. franç., 1975, 5, p. 315-317 ; Cah. biothér., 1976, 52, p. 319 ; J.-M. Pitton, “ À propos d’Henri Voisin, le père de l’homéopathie clinique ”, Recueil des interventions du séminaire de Saint-Hugues de Biviers, École d’homéopathie hahnemannienne Dauphiné-Savoie, nov. 1986, p. 72-84.) A. S.

WAILLY, Philippe de (n. Paris, 10 janv. 1926 ???

Après des études secondaires au Lycée Louis-le-Grand (1943), il intègre l’École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort (1946) où il soutient sa thèse pour le doctorat : Les Coléoptères Mélolonthini de Madagascar (1951). Après son service militaire, il effectue une mission au Maroc au nom du Muséum d’histoire naturelle de Paris (1952), puis exerce pendant deux années auprès de diverses clientèles rurales et à l’Institut vétérinaire exotique (1953). Il ouvre un cabinet de médecine vétérinaire de “ Petits animaux ” à Boulogne-sur-Seine (1954). Il entame une série de voyages d’études ornithologiques aux Etats-Unis (1957) et au Japon et en Thaïlande (1965). Ses nombreux ouvrages, plus d’une trentaine, publiés par les éditions Solar de 1964 à 1998, écrits seul ou en collaboration, constitue une collection de conseils pour tous publics sur les animaux de compagnies (oiseaux, chiens, chats, etc.). Avec M.-N. Issautier* paraît Mémento de thérapeutique homéopathique des principales maladies des oiseaux (Boiron, 1990). Son érudition et son expérience internationale lui donnent les qualités d’expert auprès d’institutions dont la cour d’appel de Versailles, de membre d’honneur de American Veterinary historical Society et de président de l’Académie vétérinaire de France. Plus récemment, les éditions Rocher publient Le Sixième sens des animaux (2001) et J’éduque mon chien (2003). Ses écrits sur l’homéopathie paraissent dans L’Homéopathie française et dans l’ouvrage Homéopathie vétérinaire (1985, Solar, 2/1989) et Dictionnaire d’homéopathie pour nos animaux de compagnie (Rocher, 2002). A. S.

WURMSER, Lise-Rose-Madeleine (Paris, 17 juin 1906 - Paris, 27 avr. 1993)

Pharmacien, élève du Professeur Hazard, elle est recrutée en 1932 sur proposition de deux médecins, internes des hôpitaux de Paris, Alice Willm et P. Vannier*, par les Laboratoires homœopathiques de France, sous la direction de R. Herbaudière* et Dodd. Elle entre ainsi dans le cercle de L. Vannier* et participe aux congrès et au développement de l’homéopathie de l’entre-deux guerres. De confession israélite, elle est dans l’obligation, suite aux persécutions antisémites, de se réfugier en territoire non occupé. À la Libération, elle retrouve ses responsabilités directoriales au sein du laboratoire. Son expérimentation, avec le Professeeur Lapp, physicien à Strasbourg, sur l’action des dilutions homéopathiques du remède Arsenicum album (1955) est l’un des travaux scientifiques majeurs pour la recherche en homéopathie. Elle participe, avec P. Vannier* et G. Valette*, à l’agrément des remèdes homéopathiques au Codex (1965). Elle est, avec J. Boiron*, pionnier de la recherche expérimentale en homéopathie ce qui l’a fait devenir l’une des premières femmes admises - pour ces travaux spécifiques - au sein de l’Académie nationale de pharmacie. Son concours avec les autorités pharmaceutiques, officielles et homéopathiques tels les frères J. Boiron* et H. Boiron* au Syndicat national de la Pharmacie homéopathique, l’impose comme l’une des personnalités de référence. Ses écrits comportent de nombreuses communications officielles (1936-1978) et publications dont “ Homéopathie 2000 ” (1980, 2/1993), la direction éditoriale de cinquante-sept brochures de la “ Documentation homœopathique LHF ” dont Votre client a entendu parler d’homéopathie (n° XIV, 1963). Les homéopathes lui doivent l’insertion de l’homéopathie dans des critères de qualité pour la pharmacopée et le développement de sa recherche universitaire. Elle a développé avec perspicacité la recherche biologique à la direction des Laboratoires Homéopathiques de France, poste auquel ont succédé respectivement M. Aubin* (1979-1985) et B. Poitevin* (1986-1988). Sa présence régulière, y compris après l’arrêt de son activité professionnelle, lors des Assises scientifiques pendant la Semaine homéopathique d’octobre, confirme ses qualités d’honnêteté, de sagesse et de gentillesse. Elle est enterrée dans le cimetière parisien de Montparnasse.    

(Homéop. franç., 1980, 7, p. 413-434 ; J. homéop., 1989, 16, p. 8 ; Homéop. europ., 1993, 3, p. 3 et 5, p. 26-31 ; J. homéop., 1993, 6, p. 2-3.) A. S.

ZIEGEL, Geneviève (n. Constantine, dép. de Constantine, 1er janv. 1945- Montpellier 1er  sept. 2025

Médecin interne des hôpitaux psychiatriques de Montpellier (1965-1970), elle s’y installe en tant que médecin spécialisé en psychiatrie. Elle débute, en 1975, des études d’homéopathie et, l’année suivante, s’insère dans le Groupe homéopathique d’études psychopathologiques tout juste fondé par Jacqueline Barbancey et à laquelle elle succède à la tête de ce groupe en 1990 (site homeopsy.com). Elle dirige ensuite, sous la présidence du Professeur Madeleine Bastide et dans le cadre de la faculté de pharmacie de Montpellier, plusieurs thèses de recherche sur les liens homéopathie-allopathie.

Elle est à l’origine d’un site où sont publiés ses articles : www.homeopsy.com
Élève de Jacqueline Barbancey et adhérente du groupe international de recherche de l’infinitésimal avec le professeur Madeleine Bastide et le pharmacien Rene Halm, elle sera l’une autrices des Cahiers de Biothérapie et de la Revue d’Homéopathie ; mais également l’invitée d’honneur des Entretiens homéopathiques de Paris et des journées de la Société française d’homéopathie

Enseignante dans différentes écoles d’homéopathie en France et à l’étranger, elle est l’auteur de nombreuses publications et ouvrages reliant la psychiatrie et l’homéopathie avec ce qui peut en résulter de questionnements et d’aide à une prescription individualisée. Parmi eux, et disponibles aussi en ebook (Numilog.com) :  De la psychiatrie à l’homéopathie’ (1990, Similia, 2000, 2007), Du trouble mélancolique au trouble cancéreux (GB. Éditions scientifiques, 2003), Du stress au transgénérationnel (Ed. des entretiens internationaux de Monaco, 2004), L’homéopathie face au placebo (Ed. des entretiens internationaux de Monaco, 2005), et aux éditions Homeopsy : Hyperactivité et nouvelles pathologie (2011), Homéopathie et spiritualité (2013), Rêves et cauchemars.Un long périple au cœur de l’homéopathie (2016). « Les médecins du Syndicat national des médecins homéopathes français, ont appris avec tristesse la disparition le lundi 1 septembre 2025 de notre amie, Geneviève Ziegel dont toute l’existence atteste d’un humanisme médical appuyé par la connaissance psychiatrique et homéopathique. Nous retiendrons tous son engagement entier pour la défense de l'homéopathie, sa passion de transmettre son expérience auprès de ses confrères, sans oublier son engagement bienveillant auprès de ses patients pendant sa très longue carrière »

Jacqueline Peker célèbre alors « 50 ans d’amitié, de rires et parfois de larmes, de découvertes musicales ou poétiques, de découvertes gastronomiques…mais surtout 50 ans de plongée dans cette Homéopathie qui ne nous a jamais déçues… »

(Rev Homéop., 113-4.) AS.