Intervention au Forum du livre homéopathique
15 mars 2026
Alain SAREMBAUD
Ce forum du livre homéopathique est un moment privilégié pendant lequel nous, les professionnels de l’homéopathie, française nous proposent nos ouvrages.
Pour ma part, à ce rendez-vous littéraire et scientifique, j’ai choisi de mettre en avant l’un de nos « homéopathes remarquables », comme l’a écrit Jacqueline Peker : Michel Guermonprez.
Cet homme du Nord, né en 1923, nous a quittés en avril 2017, après une carrière médicale exceptionnelle, riche de ses engagements médicaux, militaires (croix de guerre à la Libération) ; associatifs, pédagogiques, universitaires (créateur du qDIU homéopathique à la faculté de médecine de Lille) et scientifiques dont des ouvrages de référence internationale sont sur notre bureau : Matière médicale homéopathique (1985 ; 2/1997) ; Homéopathie, principes, clinique et techniques (2006) et Les tempéraments : typologie et types sensibles (2008) ; ouvrages que je vous invite à consulter le plus souvent possible.
Recevant un hommage unanime de la profession médicale homéopathique française, sans être exhaustif citons Mourad Benabdallah (coordonnateur DIU Lille), Philippe Champion (président du CHF), Didier Deswarte (président de la SPHN), François Gassin (président SNMHF), Claude Jousset (président SFH), Bernard Poitevin, Daniel Scimeca (FFSH) et moi-même.
J’ai choisi son ouvrage le plus personnel, voire le plus intime, son message publié, en 2012, visionnaire dans lequel il associe son approche médicale à celle d’une philosophie humaniste, riche de ses années d’observations cliniques, avec une écriture précise, une érudition appuyée par une bibliographie et notes de page, mais surtout avec cet humour particulier qui passionnait l’auditoire : Les quatre bonheurs dont le sous-titre est explicite : Précis philosophique du bien-vivre. Vaste programme aurait pu dire le général De Gaulle à ce combattant …
Certes il nous est difficile, de résumer cet ouvrage de plus de 400 pages, en quelques mots, mais vous donner l’envie de connaitre les chemins proposés par notre regretté confrère et ami pour cette poursuite du bonheur
S’il nous rappelle les philosophes du pessimisme comme Héraclite, Schopenhauer, Nietzsche, Kierkegaard, Kafka, Huxley, Cioran, Camus, etc.
Mais pour le bonheur, les philosophes du bonheur seraient-ils moins présents : Alain, Christophe André, Benhamou, Cyrulnik, Épicure, Onfray, Ricard, Sénèque, Seligman, Spinoza, Tahar ben Shahar, etc. et bien d’autres donnant leur avis sur l’existence.
Mais il est où le bonheur ? il est où le bonheur ?
Est-ce le contraire du malheur ; « bon heure » provenant de bon heure…
Est-ce la réalisation du désir personnel ou et collectif ?
Pout-on l’évaluer ou l’indicer ?
Peut-on la qualifier : religieuse ou non, de droite ou de gauche ?
Peut-on la décliner en fonction de la santé corporelle ou financière ?
Pour Michel Guermonprez, ce bonheur personnel demeurerait « du domaine de l’ineffable, de l’indicible ».
Ensuite, en second lieu, il nous rappelle l’importance des « petits bonheurs pour tous », en s’appuyant sur :
- Le coté épicurien qui sourit à l’existence,
- Le coté stoïcien satisfait de l’ordre des choses,
- Le coté contemplatif réjouit de la futilité des événements,
- Le coté cynique content de sa critique universelle.
Puis il fait décrit les diverses approches psychologiques de travail sur soi-même, pour conclure sur :
- La culture de l’amour à donner et recevoir,
- Du sens aux actions entreprises,
- De la responsabilisation et de la résilience.
Ensuite il nous donne les quatre chemins pour l’accession au « bonheur » :
- La voie stoïque de la rigueur qui choisit le respect des lois, typique des tempéraments bilieux ;
- La voie épicurienne de l’optimisme et de la jouissance, typique des tempéraments sanguins ;
- La voie contemplative de la méditation qui choisit la réceptivité, typique des tempéraments lymphatiques ;
- La voie cynique de la liberté qui choisit le scepticisme, typique des tempéraments nerveux ;
Ce schéma s’appliquerait sur chacun en se compliquant avec l’imbrication des types principaux avec des types
- Secondaires, deux voies ensemble
- Ternaires, trois voies ensemble
- Quaternaires, trois voies ensemble et une morphopsychologie compatible.
Pour mieux comprendre ces comportements, il nous raconte des histoires de vie centrées sur leurs tendances profondes
En premier, les bilieux avec les caractères suivants :
- Insensibilité aux vicissitudes
- Sens aigu du territoire, des faits et des chiffres
- Respect des valeurs établies
- Le travail comme valeur fondamentale,
En suite les sanguins avec les caractères suivants :
- La recherche permanente du plaisir
- L’activité reliée à la multiplicité des initiatives
- L’imaginaire
- L’amour et les émotions
En suite les lymphatiques avec les caractères suivants :
- La stabilité grâce à l’abondance de biens
- La mémoire et la peur
- La sécurité dans le conformisme familial
- L’empathie avec absorption de l’autre
En suite les nerveux avec les caractères suivants :
- La recherche de la liberté
- La connaissance au service de l’intelligence
- La créativité
- La nouvelle famille avec le sexe et l’amour
À chaque type, Michel Guermonprez définit les caractères fournit des moyens d’améliorer son équilibre
Chapitre et sous chapitres sont détaillés
Puis Michel Guermonprez décrit la « maison du bonheur » à partir du bâti :
- La cave est celle de l’hérédité et de l’inconscient ;
- Le bel étage comprend les pièces de l’amitié dans laquelle on reçoit ses amis Et la chambre où nous appréhendons l’amour. Il en vient à disserter que « la liberté a un prix, le désordre une sanction, la fantaisie ses incertitudes… » ; Ce qui aboutit à l’analyse du couple dévalorisé au profit d’un « enfant roi ».
Bien entendu, en tant que médecin homéopathe, il ne peut s’empêcher d’écrire :
« homéopathie et acupuncture : les signes mentaux et les signes psychiques sont considérés comme égaux en importance et absolument corrélés, interdépendants et équivalents ... le choix thérapeutique dépend de l’ensemble »
- Le grenier est celui d’un « bric-à-brac de valeurs négligées qui permet parfois de redresser la barre et apporte le contentement de soi, un peu de bonheur perdu ».
Après cette maison du bonheur, Michel Guermonprez adepte de la morphopsychologie, nous invite à une introspection par une série de questions, en vue de mieux se connaitre, voire de s’améliorer.
Certes, un trop rapide aperçu
Comme l’aurait exprimé le doyen Cornillot, il s’agit d’un ouvrage de réflexion à consulter le dimanche.
Alain SAREMBAUD
