NEWSLETTER Mai 2025

Chers confrères
L'année 2025 a commencé avec plusieurs projets prometteurs pour l'homéopathie qui vont nous redonner espoir malgré les menaces qui planent sur l'avenir de l'homéopathie et même plus largement sur l'avenir des soins de qualité à visage humain. Dans un monde que l'Intelligence Artificielle tente de façonner à son image, efficace et sans état d'âme, arithmétique et froid, l'homéopathie représente un des derniers îlots d'humanité et d'individualisation. Nous pouvons en rendre compte grâce aux travaux en cours que nous allons présenter ci-dessous. Votre soutien, votre adhésion, votre participation sont des garants de notre représentativité et de notre énergie pour continuer sur ce chemin. Nous comptons aussi sur vous, pensez à initier ou renouveler votre cotisation.
Dr Hélène Renoux au nom du conseil d'administration de la SSH
Congrès européen de Strasbourg : l'homéopathie en soins de support oncologiques
Plus de 140 homéopathes se sont retrouvés à Strasbourg les 2 et 3 mai derniers pour le congrès européen organisé par la Société Homéopathique de l'Est (SHE) et la Société Homéopathique Internationale de Soins de Support en Oncologie (SHISSO). Des invités de renom avaient fait le déplacement pour présenter leurs travaux : les Prs Michael Frass, Lioubov Dolinia et Fabrice Berna, les Drs Jan Scholten, Jean-Louis Demangeat, IlyaTiraspolsky, Ingrid Theunissen et William Suerinck et Mme Isabelle Chanel autour de Jean-Lionel Bagot et toute l'équipe de médecins, pharmaciens engagés dans le travail de synthèse et de recommandations pour les soins de support homéopathiques en oncologie.
Réflexions méthodologiques et éthiques, expériences cliniques et travaux de recherche clinique comme fondamentale, c'est tout le spectre de l'action de l'homéopathie et de ses développements qui a été abordé dans une atmosphère à la fois amicale, studieuse et ouverte. Les présentations seront bientôt consultables sur la page de la SHISSO pour ceux qui ont loupé ce moment important.
Les autres retiendront la diversité des approches tendant toutes vers le même souci d'offrir aux patients un mieux-être et un soutien individualisé face aux pathologies sévères et invalidantes évoquées (le cancer et ses traitements lourds, mais aussi la souffrance psychique ou la prise en charge de la douleur).
C'est bien l'aspect profondément humain et respectueux des individus de l'approche homéopathique qui a survolé ce congrès, en plus de la rigueur et de la curiosité scientifiques qui se sont exprimés.
Etude qualitative HoméoPRO : rendre la parole à nos patients
L'étude HoméoPRO - qui ambitionne à déterminer ce que les patients disent de leur prise en charge homéopathique en pathologie chronique- représente une avancée importante dans l'évaluation de l'homéopathie grâce à sa méthodologie innovante issue des travaux du groupe IPSEA qui est par ailleurs une unité INSERM s'appliquant à adapter à la médecine les méthodes de recherche qualitative éprouvées dans le domaine des sciences humaines.
Les résultats préliminaires de cette étude seront présentés au mois de Juin lors du congrès de Homeopathy Research Institute à Thessalonique. La SSH est depuis son début partie prenante dans la mise en place de ce projet qui dessine un tableau de critères objectifs et subjectifs, déterminés grâce aux témoignages des patients. On y constate quels sont pour ces derniers les atouts et les apports de la prise en charge homéopathique des pathologies chroniques : respect de la qualité de vie, respect des choix personnels de traitement, résultats rapides, profonds et durables ou qualité de la relation médecin-patient sont quelques-uns des axes principaux mentionnés. Une étape ultime de validation psychométrique de ces critères va se dérouler dans les mois à venir avant qu'une publication ne les rende publics et applicables comme bases d'évaluation d'éventuels essais quantitatifs à venir.
Grâce à ce travail c'est la parole des patients « experts de leur santé » qui est enfin reconnue et prise en compte. Au lieu de plaquer sur ces derniers les attentes parfois désincarnées des statistiques institutionnelles, ce sont leurs vécus et besoins réels exprimés spontanément qui sont étudiés et valorisés, remettant une nouvelle fois l'humain au cœur des préoccupations des soignants et de leurs décideurs.
Etude sociologique sur l'autoguérison : comment l'homéopathie permet-elle de mobiliser toutes les compétences de l'organisme bien au-delà d'une « autosuggestion placebo »
Après la publication de l'étude sociologique HoméoCSS, par l'équipe de l'Université de Bourgogne menée par Emmanuela di Scala et consacrée à « la controverse sur l'homéopathie, des désaccords entre scientifiques » à laquelle la SSH a été étroitement associée, c'est un nouveau projet nommé IRIA qui a pris la suite. Son but est une recherche de consensus autour du concept d'autoguérison. La SSH continue d'y participer afin de porter la voix des homéopathes dans ce travail de réflexion, avec le souci de rappeler qu'autoguérison ne signifie pas systématiquement « effet placebo », ni « autosuggestion » aux accents vaguement psychologisants, mais bien la mobilisation par une prise en charge médicale effective (conventionnelle ou non) des capacités de l'organisme à se réparer, équilibrer, soigner.
L'intérêt croissant manifesté par les sociologues vis-à-vis de l'homéopathie témoigne à sa façon du non-sens du recul de la prise en charge publique des soins homéopathiques alors que la demande et les attentes de la population suggèreraient l'inverse. Cela témoigne aussi du fait que des scientifiques qui ne sont pas aveuglés par des aprioris réducteurs à l'encontre des thérapies non conventionnelles accordent à l'homéopathie la place qui devrait être la sienne dans l'arsenal thérapeutique.