‘Samedi 1er Décembre 2007’

Samedi 1er Décembre 2007

Journée Commune  CHF-SFH du 1er décembre 2007
Sur le thème de « la consultation ».
Faisant suite à la Journée commune du Centre homéopathique de France et de la Société Française d’Homéopathie de décembre 2006, organisée par la SFH comme exemple de liens à développer entre les sociétés homéopathiques, c’était cette année 2007 le CHF qui organisait à Paris cette journée inter-société.

La matinée commença avec « la consultation à travers mes âges » du Dr Gérard LANGMANN qui décrivit avec brio son enfance homéopathique, avec l’usage du questionnaire et de l’interrogatoire qui lui ont donné accès à la constitution du malade ; son adolescence homéopathique, avec « la consultation-entretien », où excellait Michel CONAN MERIADEC et qui débouche sur la notion de tempérament ; son âge adulte homéopathique, avec l’entretien libre, valorisation et hiérarchisation des symptômes par le patient, débouchant sur des prescriptions plus courtes, avec répertorisations souvent décevantes si l’on ne respecte pas la cohérence de l’ensemble des symptômes (G. DEMANGEAT) ; enfin, le 3° âge homéopathique, résultat de la fréquentations de maîtres comme SOLTEN (caractéristiques du radical des médicaments ; classification périodique des éléments), MASI (le noyau central du remède), Philippe SERVAIS (la bibliographie du patient comme reflet du similimum), Jonathan SHORE (les règnes : animal, végétal, minéral), Rajan SANKARAN (la plainte principale et la sensation vitale). Apprendre à dégager les thèmes, écouter la petite musique, ramener aux sensations.

Françoise MORIN traita ensuite de « Quelques cas cliniques en pédiatrie » qu’il est difficile de détailler et qui ont mis en évidence les alternances et les cohabitations de symptômes, le défaut d’énergie des tuberculiniques, l’attitude d’opposition de Calcarea phosphorica, l’importance du goûter pour Lycopodium, le côté « mutique et moteur » de Rhus toxicodendron, l’importance du « délaitage » et cette phrase : « On n’entend pas sa surdité ».
Le Pr GOUTEYRON intervient pour montrer que l’otite séreuse est une excellente pathologie pour l’homéopathie, car il n’y a pas de consensus allopathique, hormis le refus de l’antibiothérapie et de la corticothérapie. Il distingue 3 types d’otite séreuse : O.S.- accident du carbonique ou du psorique qui guérit sans aérateur ; O.S.-maladie : diathèse phospho-tuberculinique ; enfin, O.S.-complication, lit de l’otite compliquée, chronique (choléstéatome) où l’aérateur est proposé ; le terrain est luétique et sycotique.

Philippe CHAMPION, Président du CHF, brossa, avec talent et humour en fin de phrase, la « Chronique d’une journée ordinaire » au fil d’ observations cliniques qui montrent qu’un Cyclamen bien indiqué bouscule parfaitement le barrage d’un traitement cortisonique ; que les  rêves de ménage peuvent soulager une énurésie nocturne avec Belladonna ; que le remède soigne parfois ce pourquoi il n’est pas fait ; que le remède peut être un leurre au traitement adéquat ; etc.
Cet communication devrait être publiée dans « Homéopathie européenne »..

Jean-Paul BILLOT a traité ensuite du « dossier médical, modèle réduit de la consultation ». Le dossier est une pièce à conviction de plus en plus centrale puisque le patient peut y avoir accès et puisque le dossier  peut être enjeu d’évaluation (dans le but d’améliorer sa confection), en particulier depuis qu’existe un référentiel homéopathique sur le dossier médical.
La question est ouverte pour esquisser un dossier apte à permettre une démarche diagnostique clinique et thérapeutique (qualification et hiérarchisation des symptômes) correcte.
Une observation est donné, à ce sujet, de iatrogénie au Protélos (Ranélanate de strontium) chez un femme de 59 ans. Bouffées de chaleur, selle impérative nocturne, brûlure linguale, recrudescence d’infections urinaires épuisantes avec sensation de brûlure vaginale ont cédé rapidement à l’arrêt du Protélos et la prise de 2 doses de NUX V. 9-15CH  indiqué sur l’ensemble du cas .
Tous ces symptômes se retrouvent dans la pathogénésie de STRONTIUM CARB.  Ce qui suggère l’intérêt prédictif de nos pathogénésies, en regard de l’attitude aveugle et attentiste habituelle vis-à-vis des effets secondaires, en l’espèce ceux du Protélos (16 cas d’hypersensibilité sévère dont 2 mortels  signalés récemment par l’Agence européenne du médicament; à rapporter toutefois aux 570 000 patientes-années en Europe).

« En consultation il faut entendre vraiment la demande et ainsi prescrire » nous dit Marie-Madeleine SINOU, qui nous  fait partager son expérience de la PNL en institution lors d’une communication très soignée, ornée de nombreuses photographies suggestives. Deux chiffres situent le sujet : 7% de conscient, 93% de non conscient. C’est dire la marge que nous laisse la cervelle pour inter-agir. Se centrer sur l’autre, sur son expérience. Envisager la consultation comme rencontre de deux univers. La maladie, c’est la perte du contact avec sa joie, la perte du lien, que le thérapeute doit retrouver en prenant le patient là où il est, sachant que rien n’est du au hasard ; que tout changement est un danger qui mobilise nos peurs. Synchroniser  le physique, la gestuelle, la voix. Mettre ses compétences en résonance avec les « informations perdues »   du patient. Et comme Hippocrate : « Chercher la cause, mais surtout, la cause des causes ».

Claude JOUSSET a traité de la « consultation homéopathique et thyroïde » et nous a dressé une conduite à tenir face aux patients porteurs d’un trouble de la thyroïde, proposant un espace thérapeutique avant ou pendant le traitement standard de ces troubles. À travers son expérience, il donne des conseils sur une prescription biologique et l’échographie, des propositions thérapeutiques sur la prévention d’un kyste, les nodules, les goitres, les palpitation d¹hyperthyroïdie et bien d’autres situations.
Il décrit les traits de « l’hyperthyroïdien avec son exophtalmie qui cherche à faire peur, et au contraire l’hypothyroïdien bouffi , regard éteint, qui s’isole ». Quelques notions notées au cours de l’exposé : intérêt de Ledum palustre avant ponction locale thyroïdienne. En cas de kyste thyroïdien, l’association souvent efficace : Sticta pulmonaria + Bryonia + Apis, 2 fois/J. pdt 1 mois puis 1 fois/J. et échographie de contrôle au bout de 6 mois.
En cas de nodule chaud, pour éviter les risque de nécrose (souvent hémorragique) ou avant traitement à l’iode 131, on peut proposer l’association : Bellis perennis 4CH + Arnica 5CH. Si le nodule est dur, ajouter Conium.
En cas de palpitations, le petit médicament Lycopus a fait ses preuves.

Le Dr Hubert BOUDEVILLE, pédiatre à Noisy-Le-Roi,   a résume ainsi sa communication sur l’importance des symptômes présentés par la mère pendant la grossesse pour traiter les affections du nouveau-né et de l’enfant :
« Un certain nombre de symptômes de la mère peuvent résulter de l’influence qu’exerce le fœtus sur son comportement (de façon interactive) et le pédiatre qui recherche cette symptomatologie (bizarre, inhabituelle ou inattendue) peut étayer le diagnostic de remède chez le jeune enfant et même plus tardivement…
A un âge où il est difficile de découvrir le médicament de la globalité, tout indice supplémentaire est à prendre en considération : s’inspirer des remèdes des parents, des incidents survenus au cours de la grossesse (toxiques, peurs, chagrins, deuils…).
L’interrogatoire rigoureux et soucieux des détails recherche : les modifications de l’activité, les perturbations du sommeil, du comportement alimentaire, de la régulation thermique ; les modifications de la peau, du comportement digestif, du psychisme, etc.
De nombreuses observations démontrent l’utilité de cette démarche originale qui dans bien des cas a confirmé le diagnostic de remède établi par ailleurs, dans d’autres cas a été le seul moyen de le déterminer. Dans plusieurs observations de « vieux enfants » dont les remèdes étaient évidents, la recherche des modifications du comportement maternel pendant la grossesse a confirmé le diagnostic du similimum ».

Jacques ALGAZI, dont la finesse clinique et de l’humour ne sont plus à démontrer, a traité de « la consultation psychiatrique en homéopathie ». L’auteur a retracé son expérience et les aléas de la profession face à des situations qui nécessitent l’honnêteté, le savoir et le bon sens, complétés de la prise en compte des donnés les plus récentes et des apports de la psychiatrie homéopathique théorisés par Jacqueline Barbancey.
La hiérarchisation des symptômes est bien entendu essentielle et en médecine psychiatrique ce sont les signes somatiques qui passent devant. L’exemple est donné de fissures labiales qui ont mis sur la voie d’un Nitri. Acid. efficace. Ce qui montre aussi le risque de consultations par téléphone sans examen clinique sérieux.
Cette communication devrait être publiée dans « l’Homéopathie européenne ».

JPB et AS, janv.07